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Namibie - Bientôt la fin de la stérilisation forcée pour les femmes atteintes du VIH?

Mise à jour: Le juge a reconnu les dommages subis par les plaignantes, mais estime qu'il n'y a pas de preuve que ces femmes aient été stérilisées parce qu'elles sont atteintes du virus du sida. Le montant des dommages et intérêts sera fixé à une date ultérieure.

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Le 30 juillet 2012 pourrait devenir un jour historique dans l’histoire du droit des femmes en Namibie.

Dans le pays, des dizaines de femmes victimes de stérilisation forcée parce qu'elles sont porteuses du virus du sida attendent réparation de la justice, qui doit rendre un verdict dans la journée. La lecture de The Namibian nous en apprend davantage sur cette décision qui pourrait faire jurisprudence:

«Depuis 2008, 16 femmes ont attaqué en justice le gouvernement namibien pour atteinte à leurs droits constitutionnels, et trois d’entre elles ont été soutenues dans leur action par le Centre d’assistance légal namibien (Legal assistance centre in Namibia).

Après des années de campagne auprès des instances judiciaires, le jour du jugement final est arrivé, avec l'espoir d'une nouvelle ère dans le combat contre la stérilisation forcée.»

Emilia fait partie de ces femmes. Porteuse du VIH, elle est mère de trois enfants, tous nés séronégatifs grâce à un traitement permettant de réduire les risques de transmission de la mère à l’enfant.

Pourtant, pendant la naissance de son troisième enfant, elle a été stérilisée sans le savoir: ce qu’elle prenait comme une simple césarienne a été accompagné d’une ligature des trompes, la privant de pouvoir enfanter de nouveau. Ce n’est que quelques mois plus tard qu’elle a réalisée qu'elle était devenue stérile:

«J’ai très mal vécu ce qui m’est arrivé. Je veux que les autres femmes connaissent leurs droits pour qu’il ne puisse pas leur arriver la même chose.»

The Namibian nous apprend que de tels cas de stérilisation forcée sont malheureusement loin d’être isolés:

«Depuis 2007, au moins une quarantaine de cas de stérilisation forcée ont été révélés dans les hôpitaux publics (…). La plupart des femmes ainsi stérilisées sont économiquement marginalisées (…) et illettrées.»

Les femmes sont souvent peu ou pas informées sur les conséquences d'une stérilisation, et le traumatisme subi est multiple comme le souligne Jennifer Gatsi-Malet, directrice du Réseau namibien de la santé pour les femmes (Namibian Women's Health Network):

«L'impact d'une stérilisation involontaire peut être dévastateur, affectant la santé mentale et physique de la femme et ses relations avec son partenaire, sa famille, et le reste de la société.»

Lu sur The Namibian, BBC

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