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JO 2012 - Certains athlètes pourraient prendre la poudre d'escampette

«Certains athlètes ne vont pas aux Jeux olympiques de Londres pour remporter des médailles. Ils visent quelque chose d'autrement plus précieux à leurs yeux: l'asile politique», affirme le quotidien français Le Figaro.

The Daily Mail révèle qu’un athlète originaire d’Afrique de l’Ouest, dont l’identité et la nationalité demeurent pour l’instant inconnues, se serait enfui de son camp d’entraînement dans le Yorkshire, au Nord de l’Angleterre.

Le sportif, qui serait a priori coureur, «s'est présenté dans un commissariat à Leeds pour déclarer qu'il était persécuté dans son pays et demander le droit d'asile», assure le Daily Mail. Le quotidien britannique affirme que les services de l’immigration examinent son cas.

Une démarche qui le priverait de compétition, mais qui serait loin d’être isolée.

«L’office de l'immigration britannique craint que 2% des sportifs, officiels et fans, notamment d'origine africaine et moyen-orientale, pourraient tenter de profiter de leur présence pour réclamer l'asile, ou pour "disparaître" et rester clandestinement en Europe», rapporte le Figaro.

Ces estimations semblent effrayer le gouvernement britannique, mené par le conservateur David Cameron. Des mesures spéciales ont été prises concernant les 20.000 personnes non issues de l’Union Européenne venues spécialement à Londres pour les JO.

Si les athlètes, fonctionnaires olympiques et autres journalistes ont reçu un visa de six mois, il leur est formellement interdit de se marier, de travailler ou d’entamer des études lors de leur séjour.

Le gouvernement britannique s’est même assuré que ces derniers avaient assez d’argent pour payer leur billet retour. Tous les participants sont également accueillis par un scanner facial suivi d’une prise d’empreintes digitales.

Mais certains athlètes pourraient malgré tout décider de suivre les conseils de l’avocat Mark Stephens.

Ce dernier aurait convié les «athlètes gays et lesbiennes venant de pays réprimant l'homosexualité à en profiter pour demander l'asile, comme le permet depuis 2010 une décision de la Cour suprême britannique», rapporte le Figaro. Or, trente-sept pays africains pénalisent encore l’homosexualité.

Le quotidien français rappelle que la disparition d’athlètes lors de compétitions internationales a toujours existé. Le phénomène touche particulièrement les sportifs africains.

En 2011, à l’occasion des Jeux du Commonwealth de Manchester, deux athlètes camerounais avaient disparu avant de prendre leur vol retour.

Même chose en 2002, quand la Sierra Leone n’avait récupéré que 10 joueurs sur trente après les Jeux du Commonwealth.

Et comme le souligne le Figaro, «les sportifs n'attendent pas toujours la fin de la compétition pour se faire la belle.» A l’occasion de l’Open de golf de 2002 en Ecosse, seulement cinq des sportifs nigérians et ghanéens avaient foulé le parcours.

Le Royaume-Uni n’est pas le seul pays touché par ce phénomène. Parmi les très nombreux  exemples, celui de l’équipe de basket féminine de l’ex-Zaïre, dont la quasi-totalité avait pris la clé des champs lors des JO d’Atlanta, en 1996.

Lu sur Le Figaro, The Daily Mail

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