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Pourquoi les théories racistes ont encore cours en Afrique du Sud

Racisme anti-blanc en Afrique du Sud? C’est ce que ne cesse d’affirmer le dernier Président non-élu de l’apartheid, Frederic William de Klerk. Son point de vue agace et ses opposants dénoncent sa sempiternelle complainte de l’homme blanc. Deux visions antagonistes dont se fait écho The Guardian.

FW de Klerk n’y va pas par quatre chemins. «L’esprit insufflé par Nelson Mandela serait presque mort», affirme-t-il au quotidien britannique.

L'ancien président, abonné aux polémiques racistes, accuse la nouvelle génération de l’ANC, parti centenaire dont sont issus tous les présidents depuis la fin de l’apartheid, en 1991, de «manipulation cynique à des fins politiques».

Et dénonce un racisme anti-blanc. FW de Klerk en veut pour preuve l’un des derniers discours du président Jacob Zuma.

«Le rapport de force instauré par l’apartheid demeure intact. L’économie est encore aux mains des blancs, comme il en a toujours été le cas», a déclaré le président sud-africain.

Pour FW de Klerk, il s’agit d’une déclaration de guerre :

«Le président Zuma affirme publiquement que l’obstacle majeur à l’amélioration des conditions de vie des noirs sont les blancs.»

Mike Hutchings / Reuters

Celui qui partage le prix Nobel de la paix 1993 avec Nelson Mandela affirme que ce regain de racisme «est un écran de fumée destiné à masquer l’échec» du gouvernement.

Car le bilan de l’ANC en dix-huit années de pouvoir est peu reluisant. Selon la Banque Mondiale, la société sud-africaine serait l’une des plus inégales au monde.  

«Les 10%  les plus riches du pays détiennent 58% des richesses alors que les 10% les plus pauvres ne possèdent que 0,5% des richesses du pays», affirme l’organisation internationale.

Dans tous les domaines, les écarts sont impressionnants. Alors que le chômage concerne 35% des blancs en âge de travailler, il frappe 74% de la population noire.

Si les Sud-Africains s’accordent sur l’état préoccupant de leur économie et des disparités, tous ne partagent pas le point de vue de FW de Klerk.

C'est le cas de Justice Malala, politologue sud-africain. Ce dernier répond vigoureusement à son ancien président dans le Guardian.

«FW de Klerk a largement discouru sur l’état de notre nation ces derniers mois. Son discours est bien rôdé: l’Afrique du Sud est destinée à sombrer dans la malversation, la corruption, la famine et la guerre parce que l’homme blanc a perdu son pouvoir politique.»

Lui, a une tout autre vision des choses, et s’en prend aux théories de FW de Klerk.

«Il devrait penser à autre chose qu’à la survie de l'homme blanc qu’il prétend défendre si vigoureusement, et penser aussi aux pauvres et marginaux qui réclament l’aumône à longueur de journée dans nos rues.»

Lu sur The Guardian

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