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Côte d'Ivoire: incidents

Des incidents se sont produits dimanche lors des élections municipales à Port-Bouet, une des communes d'Abidjan, et Grand-Bassam, tandis que tout se déroulait dans le calme dans les quatre autres communes et deux régions de Côte d'Ivoire où les scrutins locaux avaient été annulés après le vote du 13 octobre.

L'enjeu politique est faible pour ces scrutins partiels, qui ne modifieront pas l'équilibre issu du scrutin du 13 octobre, largement remporté par le parti présidentiel RHDP, mais où le principal parti d'opposition, le PDCI, avait néanmoins fait un bon score.

C'est surtout le bon déroulement du scrutin qui est au centre de l'attention, alors que les élections du 13 octobre avaient été marquées par des violences ayant fait au moins cinq morts et des accusations de fraudes dans une centaine de sites.

A Port-Bouet, où des incidents violents avaient éclaté en octobre, de nouvelles violences ont eu lieu dimanche. Des individus ont caillassé une fenêtre du siège électoral du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le parti de l'ancien président Henri Konan Bédié. Selon des membres du PDCI, plusieurs personnes ont été "tabassées et dépouillées" devant le siège.

"Depuis 72h, Port Bouet a été infesté de loubards, de microbes (jeunes délinquants). On sait qui fait ces opérations, ce sont les mêmes qui ont fait invalider le scrutin", a affirmé Sylvestre Emmou, candidat du PDCI, un des deux favoris.

"Plus de 10.000 cartes d'électeurs ont disparu (...). Rien n'est normal. On essaie de tricher, on essaie de braquer un scrutin", a-t-il poursuivi, parlant aussi "d'intimidation d'électeurs".

Du côté de la majorité présidentielle, Marcel Nguettia, le directeur de campagne de l'autre favori Siandou Fofana, fait les mêmes reproches au PDCI. "Nous connaissons les pratiques de M. Emmou Sylvestre. Chaque fois qu'il y des élections depuis 15 ans, il est toujours le premier à accuser les autres. Sans même que les résultats n'apparaissent, il dit toujours qu'il a gagné".

Un important dispositif des forces de l'ordre était visible à Port-Bouet avec de nombreuses patrouilles et des forces de police armées dans les bureaux de vote.

- Climat politique tendu -

A Grand-Bassam, cité historique balnéaire à 30 km d'Abidjan, où les troubles post-électoraux avaient duré plusieurs semaines, de nouveaux incidents sont venus perturber le scrutin, notamment dans des bureaux de vote traditionnellement favorables au PDCI.

Au centre de vote du Collège moderne, une demi-douzaine de jeunes ont fait irruption dans la matinée, tentant de provoquer une bagarre et d'intimider les électeurs, selon plusieurs témoins interrogés par l'AFP, sous couvert d'anonymat.

Juste à côté, au centre Bassam 1, les files d'attente des électeurs s'allongeaient et la grogne montait dans l'après-midi, du fait de dysfonctionnements des tablettes biométriques servant à vérifier l'identité des votants, stoppant le scrutin, suivant la consigne de la Commission électorale indépendante.

Pourtant, selon un observateur de l'Union européenne, ce sont les listings papiers des électeurs qui font foi et non les tablettes, et le vote n'aurait pas dû être suspendu.

Enfin, une bagarre a éclaté dans la matinée dans un fief du PDCI, le village de Mondoukou, à une dizaine de kilomètres de Grand-Bassam (mais faisant partie de sa circonscription), entre des partisans des deux principaux candidats, RHDP et PDCI, rapidement contenue par les forces de l'ordre, selon des habitants.

A Lakota (centre-sud), où une personne avait été tuée le 13 octobre, les forces de sécurité étaient aussi très présentes dimanche, selon un observateur électoral, alors qu'une forte tension avait régné dans la ville les jours précédents.

Un incident sérieux s'est produit samedi à Divo (sud), où le responsable local de la jeunesse rurale du PDCI a été frappé et a dû être hospitalisé, selon la Ligue ivoirienne des droits de l'Homme.

Le climat politique est tendu en Côte d'Ivoire, à deux ans de la prochaine élection présidentielle, déjà dans toutes les têtes.

L'éclatement de la coalition au pouvoir, qui a rassemblé pendant 13 ans le RHDP du président Alassane Ouattara et le PDCI, a rouvert le jeu politique, mais a entraîné d'importantes tensions entre les anciens alliés.

AFP

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