SlateAfrique

mis à jour le

Rien ne sert de courir, il faut manger à point

L’obésité, un mal occidental. Pour lutter contre ce phénomène, les médias et messages publicitaires matraquent le même message: bougez!

Et si l’exercice physique ne changeait pas le compteur affiché par la balance?

C’est ce que vient de mettre à jour une étude, publiée dans la revue scientifique PLoS One.

Une équipe de scientifiques américains, britanniques et tanzaniens sont partis étudier, en Tanzanie, la tribu des Hadza.

Le quotidien de la tribu a été utilisé par les chercheurs comme «modèle de l’ancien mode de vie».

Car les Hadzas vivent encore de la chasse et de la cueillette. La tribu n’utilise pas les moyens modernes: c'est à pied qu'ils se déplacent et munis d'un arc qu'ils chassent.

Les scientifiques ont étudié les dépenses énergétiques de trente membres de la tribu Hadza, hommes et femmes confondus, âgés de 18 à 75 ans.

Sans surprise, les scientifiques ont trouvé des niveaux d’activité largement supérieurs chez les hommes et femmes Hadzas que dans la population occidentale.

Mais, lorsque les données de la tribu furent corrigées en fonction de leur poids et de leur taille, les chercheurs ont découvert que leur métabolisme n’était pas différent de celui des Occidentaux.

Conséquence, l’intense activité physique des Hadzas ne leur garantit pas de brûler plus de calories que le sportif de canapé occidental.  

Des données qui font dire au docteur Herman Pontzer, anthropologue new-yorkais, que «les Occidentaux deviennent obèses parce qu’ils mangent trop, pas parce qu’ils ne font pas assez de sport».

Face aux conséquences d’une telle étude, l’anthropologue s’empresse de rajouter que «pratiquer une activité physique reste important pour se maintenir en bonne santé.»

Reste que, selon cette étude, la clé de la minceur résiderait dans l’alimentation. Une découverte qui pourrait avoir des conséquences importantes en matière de campagne sanitaire.

Car l’obésité est un problème de société majeur, appelé à s’aggraver. Selon l’Organisation mondiale de la santé, citée par la BBC, une personne sur dix sera obèse, d’ici 2015.

L’idée que l’obésité serait due au mode de vie occidental est largement répandue. Fast food, voitures et autres robots sont constamment blâmés.

Avec, en toile de fond, une remise en question du mode de vie occidental.

Lu sur PLoS One, BBC

 

A lire aussi

L'obésité, une maladie qui n'épargne pas les sud-africains

G20, j'ai faim

Comment McDo reconnaît-t-il les non-musulmans ?

Afrique du Sud - Nos ancêtres les bushmen