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Algérie - Ces réfugiés syriens dans le dénuement le plus total

Une cinquantaine de familles syriennes auraient fui la guerre civile qui fait rage dans leur pays. Et auraient trouvé refuge au «Square Port Saïd, un jardin situé au centre d’Alger», rapporte le quotidien algérien TSA.

Le site d’information en ligne a rencontré des enfants syriens, réfugiés dans ce jardin public. Parmi eux, Lina (tous les prénoms ont été modifiés), arrivée en Algérie avec sa tante il y a un peu plus d’un mois.

La fillette est originaire de Homs. La ville syrienne fait tristement la Une des journaux pour être l’épicentre de la contestation. Et de la répression, qui a déjà fait plus de 19.000 morts.

Du haut de ses huit ans, Lina a déjà des préoccupations d’adultes.

«Écris: Les Syriens sont sans abri. Ils n’ont pas d’argent pour manger. Ils sont pauvres et ont beaucoup d’enfants. Mais ne dis pas qu’on est des réfugiés. Sinon, ils ne nous laisseront pas rentrer en Syrie après la guerre», demande-t-elle aux journalistes de TSA.

La fillette est la seule de sa famille à avoir pu fuir. Ses parents et ses frères sont restés en Syrie, explique TSA. En cause, le manque de moyens. «On n’avait pas d’argent pour payer les billets», confirme Lina.

Une de ses copines, Selma, est dans la même situation.

«On a laissé ma grand‑mère et mes oncles sur place. Ils sont menacés de mort. Il y a quelqu’un qu’on appelle "Fasfous", qui tue. Oui, il tue. Je vous assure», raconte la fillette de dix ans au quotidien algérien.

Le père de Selma, Ali, coupe court à la conversation entre les deux fillettes et les journalistes.

«Elle vous a donné son prénom et son nom? Effacez‑les! Devant moi, s’il vous plaît. Il y a l’ambassade de Syrie ici. On a laissé nos familles là‑bas, vous comprenez?» s’enquiert‑il avant de disputer sa fille.

Car les milliers de kilomètres qui séparent Damas et Alger n'effacent pas la peur de ces familles. L’armée d’Al-Assad continue de les effrayer. Tout comme les chabiha, mercenaires du régime syrien.

«Ils lisent les journaux. Quand ils voient des noms, ils les transmettent en Syrie. Nos familles risquent d’être décimées», assure‑t‑il.

«Ali est persuadé que les chabiha les ont suivis jusqu’ici, en Algérie. C’est pour cette raison que les réfugiés n’aiment pas être pris en photo, de peur d’être reconnus», explique TSA.

La cinquantaine de famille vit, mange et dort dans ce square, rapporte le quotidien. Si les habitants du quartier leurs viennent en aide, certains déplorent tout de même le manque de considération de l’Etat algérien envers ces réfugiés. C’est le cas de Samir, voisin du Square.

 «C’est scandaleux. La moindre des choses, c’est de bien les accueillir quand on les laisse rentrer».

Malgré cela, la solidarité s’organise. Les «travailleurs de chantiers viennent parfois avec du lait, de l’eau minérale ou du jus de fruit pour les enfants», illustre TSA.

Selwa, du haut de ses treize ans, ne comprend pas l’accueil qui lui est fait:

«Mais on n’est pas des mendiants comme cela a été écrit dans les journaux ici. Non, pas du tout. C’est juste qu’il y a une guerre, qu’on a tout laissé là‑bas et qu’on a besoin d’aide.»

Lu sur TSA

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