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Dakar-Bamako, le train qui déraille à chaque fois

De Kidira —à l’ouest du Mali— à Tambacounda —à l’est du Sénégal—, le trajet n’est pas très long: seulement 200 kilomètres.

Une voie de chemin fer relie les deux villes, mais plus aucun train ne prend le risque de transporter des passagers: les rails sont dans un tel état qu’il est devenu inconscient de s’y risquer. Quelques explications du site Africa Report nous en apprennent davantage:

«Les rails sont si vétustes que, par exemple, les wagons transportant des minerais du Mali ne sont remplis qu’au tiers. La voie ferrée (…) est déformée, et ponctuée de trous béants qui font régulièrement dérailler les trains. En 12 mois jusqu'en octobre 2011, la ligne a subi 136 déraillements et 291 pannes sur des tronçons de la voie, causant des jours entiers de retard.»

Bien évidemment des réparations s’imposent, mais le problème du financement divise, car les travaux sont considérables.

«Nous avons besoin d’un investissement de 177 milliards de francs CFA (environ 270 millions d’euros) sur dix ans pour réparer les rails (…) Si la voie était en bon état, le Mali pourrait doubler ses exportations», précise Djibril Keita, secrétaire général de Transrail, l’entreprise qui gère la ligne de chemin de fer reliant Bamako à Dakar.

Abdoulaye Lo, directeur général de l’Agence nationale des nouveaux chemins de fer sénégalais, voit les choses en grand: il faut remplacer entièrement la ligne, pour un coût total estimé à 1,6 milliard de dollars (1,3 milliards d’euros). Il a également réagi auprès d’Africa Report:

«Une haute capacité de transport ferroviaire pour le fer ou le phosphate est un enjeu extrêmement important pour le Sénégal. Sans cela, le pays n’a pas un accès valable au marché malien pour vendre les marchandises qui transitent par le port de Dakar (…) De même pour le Mali qui a du mal à exporter ses marchandises, en particulier le coton.»

Le mauvais état des lignes ferroviaires pose un réel problème tant sur le plan commercial qu’humain.

Le problème est qu’entre les problèmes actuels au Mali, les récentes élections au Sénégal, et la faible rentabilité de la ligne qui freine les investisseurs privés, un projet de rénovation pourtant nécessaire ne semble pas à l’ordre du jour.

Lu sur The Africa Report

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