SlateAfrique

mis à jour le

Force Epervier au Tchad: pas de décision, réflexion en cours


Ds soldats de la force française Epervier à N'Djmena, capitale du Tchad, en février 2008 AFP/Archives Philomene de Queneta

Une "réflexion est en cours" avec le Tchad sur l'avenir de la force militaire française Epervier dans ce pays, a affirmé mercredi le ministère français des Affaires étrangères, au lendemain d'une déclaration du chef de la diplomatie Alain Juppé sur son inutilité.

"Une réflexion est en cours avec les autorités tchadiennes sur l'évolution du statut juridique de nos forces au Tchad ainsi que sur leur adéquation aux besoins", a déclaré lors d'un point-presse un porte-parole du Quai d'Orsay, Romain Nadal. Alain Juppé avait dit à des députés qu'il fallait rapatrier de ce pays le millier de militaires français qui s'y trouvent.

"Il s'agit, vingt-cinq ans après la mise en place de ce dispositif, d'imaginer, de concert avec les Tchadiens, ses nouvelles modalités, dans l'esprit des décisions du président de la République et du Livre blanc sur la défense", prévoyant un resserrement du déploiement militaire français en Afrique, a précisé Romain Nadal.

Mardi, devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, le ministre avait jugé que le dispositif militaire français au Tchad ne se justifiait plus. "Nous sommes en train de discuter avec le Tchad d'un nouvel accord de coopération. Nous avons un dispositif là-bas, Epervier, avec plus d'un millier d'hommes, dont la présence ne se justifie pas, que nous avons (...) à rapatrier", avait expliqué Alain Juppé.

En janvier, alors qu'il était encore ministre de la Défense, il s'était limité à dire que Paris était prêt à faire "évoluer" ce dispositif, sous-entendant que des troupes françaises seraient laissées au Tchad.

En août 2010, le président tchadien Idriss Deby avait évoqué une "révision de l'accord de siège entre Epervier et le Tchad", reprochant notamment à Paris de ne rien payer pour sa présence militaire.

Avec 950 hommes environ et des avions de chasse, Epervier a été déclenchée en 1986 après une offensive des forces armées libyennes. Depuis, les militaires français n'ont plus quitté le pays, gardant notamment une base sur l'aéroport de N'Djamena et une autre sur l'aéroport d'Abéché dans l'Est.

Le dispositif assure la protection des intérêts français et la sécurité des Français résidant au Tchad.