SlateAfrique

mis à jour le

Soudan - Cyber-révolution contre Omar el-Béchir (VIDEO)

Depuis maintenant un mois, les émeutes se poursuivent et se
ressemblent
au Soudan. Si la répression d’Omar el-Béchir est féroce, le
mouvement se poursuit.Cette fois, changement de cap, les manifestants
envahissent la Toile. Le site d'informations Owni revient sur cette cyberguerre des nerfs entre le
gouvernement soudanais et les contestataires.

Depuis le 16 juin dernier, les étudiants de Khartoum manifestent. Cause
de la contestation, les «mesures
d’austérité entraînant une énième élévation du prix de la nourriture et du
transport»,
rapporte Owni. La répression immédiate du régime soudanais
a paradoxalement renforcé les étudiants dans leur révolte. Depuis, la contestation prend de l’ampleur
dans le reste du pays.

Au-delà du plan d’austérité, c’est désormais le manque de
démocratie qui agite la société. Une société civile qui réclame maintenant le
départ d’Omar El-Béchir.

«Depuis le début des
révoltes, la maîtrise de l’information joue un rôle clé pour le pouvoir»,

explique Owni. Avant d’ajouter: «Arrestations
de journalistes et de blogueurs, censure de la presse papier avant publication
et restriction du web sont autant de moyens utilisés par les autorités pour
briser l’élan des manifestants.»

Garder le contrôle
des médias est devenu une priorité pour le gouvernement d’El-Béchir.

Pourtant, comme le rappelle le pureplayer Owni, l’accès Internet des
Soudanais est plus que limité: «seule
10% de la population y aurait accès et 50% possèderait un téléphone portable»,
détaille le site internet.

Malgré ces chiffres, les internautes soudanais rusent d’ingénuité
pour perturber le gouvernement d’El-Béchir.

A l’image du site Sudanchangenow, crée par un activitiste,
qui répertorie, à l’aide d’une carte interactive, les foyers de révoltes, arrestations,
violences ou encore la couverture médiatique des différents soulèvements. 

Blogueurs et autres réseaux sociaux ne sont pas en reste. Sur Twitter, la plupart des informations et
messages de soutien circulent sous le hashtag #Sudanrevolts.

Malgré l’ingéniosité des cybercontestataires, l’accès à l’information
«est particulièrement compliquée pour les
activistes qui n’utilisent pas ces médias car le bureau national des
télécommunications bloque de nombreux sites anti-gouvernementaux et de presse
en ligne.»
 

A ces complications, s’ajoutent la lenteur du débit Internet
ainsi que les confiscations systématiques de moyens de communication (téléphones,
ordinateurs, caméras…) par la police soudanaise.

Pour tenter de contrer ces cybercontestations, les autorités
soudanaises répliquent sur le Web. Owni reprend les propos du journaliste Alan
Boswell, spécialiste du Soudan.

 «Au lieu de se contenter de couper l’accès à
Internet ou d’empêcher les communications par sms comme le font les autres
régimes, les services de sécurité soudanais s’emparent de ces outils. Ils ont
même engagé une sorte de “cyber-jihad” contre les activistes anti-régime. Les
agents du gouvernement ont infiltré les sites qui lui sont hostiles, s’adonnant
à la désinformation et essayant de recouper les sources pour identifier les
leaders.»

«Grâce à la
mobilisation de certains blogueurs et de collectifs de hackers
», la riposte
des  hacktivistes s’organise, rapporte
Owni.La protection sur le Web est l’un des enjeux majeurs des opposants.

Car comme le raporte Owni, certains opposants ont affirmé
que «les forces de police soudanaises
avaient montré leurs tweets à de nombreuses personnes arrêtées, preuve que les
autorités surveillent Twitter.»

Un groupe se réclamant des Anonymous s’en est pris à plusieurs
sites du gouvernement soudanais pour contester la propagande virtuelle du régime.Vidéo des Anonymous (visible sur le site d'Owni)

Lu sur Owni A lire aussiOmar el-Béchir dégage !Comment dégager Omar el-Béchir ?Facebook, superstar au NigeriaComment le continent se connecte