SlateAfrique

mis à jour le

La recherche scientifique en guerre totale contre le paludisme

Des centaines de milliers de morts chaque année, dont 91% en Afrique: le paludisme tue en masse, et de plus en plus.

Véhiculée par des moustiques —l'anophèle femelle—, cette maladie devenue un véritable fléau fait l’objet d’une guerre sans merci livrée par les scientifiques du monde entier. Et d’après le site io9, il y a de quoi:

«Les moustiques ont tué (…) plus que la guerre, les épidémies, la famine, et les maladies cardiaques. En transmettant le paludisme, les moustiques causent chaque année 2,7 millions de morts à travers le monde. D’après les experts, si rien n’est fait, le nombre de morts chaque année pourrait doubler au cours des vingt prochaines années.»

Le problème majeur auquel doivent faire face les scientifiques est l’incroyable résistance dont font preuve les moustiques et le parasite du paludisme envers les divers traitements existant.

Marcelo Jacobs-Lorena, professeur à l’Institut de recherche sur le paludisme de l’Ecole de santé publique de Johns Hopkins (Johns Hopkins Malaria Research Institute), estime que la résilience de ces deux organismes est due à leur adaptabilité au système immunitaire de l’homme:

«Le parasite vit en contact très étroit avec le système immunitaire de l’homme qu’il contamine. Il infecte les globules rouges, et se propage dans la circulation sanguine. Alors au cours des millions d’années passés au contact des hommes, le parasite a très bien appris à déjouer leur système immunitaire.»

Le professeur travaille actuellement sur un nouveau vaccin permettrant de s’immuniser contre le paludisme.

D’autres stratégies sont actuellement mises en œuvre: Weigo Fang, scientifique à l’université du Maryland a lancé une sorte de «guerre chimique» contre les moustiques en modifiant un champignon avec du venin de scorpion, un cocktail hautement mortel pour l’insecte:

«Le champignon envahit le corps des moustiques, les tuant à petit feu. Fang a modifié le champignon pour qu’il détruise le parasite du paludisme à l’intérieur du moustique (…) Il apparaît que sa stratégie permette de réduire le nombre de parasites dans la salive des moustiques à hauteur de 98 %.»

D’autres recherches s’attaquent à la reproduction des moustiques en tuant les chrysalides, ou encore en modifiant génétiquement les femelles pour qu’elles ne puissent plus voler. Bref, la guerre totale est déclarée.

Lu sur io9

A lire aussi

Une nouvelle arme contre le paludisme d'importation

Paludisme: les vaccins ne sont plus des mirages

Côte d'Ivoire, le moustique et le testicule