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Un policier frappe un manisfestant présumé durant les émeutes de Lomé en 2005, 26/04/2005, REUTERS/Finbarr O'Reilly
Un policier frappe un manisfestant présumé durant les émeutes de Lomé en 2005, 26/04/2005, REUTERS/Finbarr O'Reilly

Togo: On ne peut plus cacher ce qui se passe à Lomé

Le pouvoir togolais nie en vain les abus de sa politique de répression. Une posture intenable à l'ère de l'Internet et des réseaux sociaux. Les manifestants et l'opposition réclament justice.

«L’art de nier l’évidence.» Ainsi titrions-nous face à la sauvage répression qui s’était abattue sur les manifestants au Togo.

En effet, les autorités policières étaient montées sur leurs grands chevaux pour démentir formellement toute effraction et toute violence perpétrée à l’encontre d’un manifestant. Une pilule amère qu’elles ont eu du mal à faire avaler à l’opinion puisque les faits étaient parlants.

Avec Facebook, la dissimulation est vaine

Parfois, on se demandait même si l’opposition et les autorités policières vivaient réellement sur la même planète, tant les positions défendues par les unes et les autres étaient contradictoires.

Mais rien d’étonnant puisque les autorités togolaises, même au plus haut niveau de l’Etat, semblent avoir fait de la dénégation un sport favori. La preuve est qu’elles ont travesti un rapport d’enquête à elles transmis par la commission des droits humains.

Et elles sont restées impavides face à la levée de boucliers qui s’en est suivie; si fait que le président de ladite commission a été contraint de s’exiler pour avoir la vie sauve.

Au fait, en tentant par tous les moyens de nier toute exaction commise à l’encontre des manifestants, les autorités policières togolaises avaient sans doute oublié qu’avec l’ère du multimédia, plus rien ne peut désormais être dissimulé.

Tout se passe comme si le monde entier était devenu un village où, généralement, chaque habitant connaît presque tout ce qui se passe chez son voisin. Le mensonge, un vilain mot pour le monde d’aujourd’hui.

Que justice soit faite

Heureusement donc que le ministre de la Sécurité, Gnama Latta, s’est ravisé en reconnaissant tacitement que des violences ont été commises à l’encontre des manifestants. Un mea culpa, s’il en est, qui n’honore pas et qui, au contraire, est révélateur d’un comportement peu responsable.

Ce qui fait d’ailleurs douter de la fiabilité des résultats qui sortiront de la commission d’enquête que le ministre entend mettre en place. Le voleur a beau se repentir, il serait difficile pour sa victime de lui faire entièrement confiance.

Car, comment attendre des sanctions à l’encontre de forces de sécurité indélicates si l’on sait que l’Etat togolais lui-même est fondamentalement policier et militaire? On attend de voir.

De toute façon, si sanctions il devrait y avoir, elles ne devraient pas être orientées uniquement sur des alevins, puisque avant d’aller sur le terrain, les forces de sécurité ont sans doute reçu des ordres «d’en haut.»

Un mea culpa, c’est bien; mais il faut que justice soit rendue aux victimes.

Boundi Ouoba (Le Pays)

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Boundi Ouoba

Journaliste burkinabé.

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