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Soudan - Comment Khartoum veut mater la révolution

Depuis mi-juin 2012, à Khartoum, les Soudanais descendent régulièrement dans la rue. Et les manifestants clament qu’ils ne s’arrêteront pas tant que le régime du président Omar el-Béchir ne sera pas tombé.

A présent, le mouvement de protestation s’est étendu à d’autre villes que Khartoum, et les arrestations n’y font rien, constate le Christian Science Monitor.

En effet, en quatre semaines, environ 2.000 activistes, étudiants, membres de partis d’oppositions, et journalistes ont été enfermés dans les geôles et autres centres de détentions soudanais.

La vague de manifestations qui fait l'objet de cette répression s’est déclenchée le 16 juin 2012, quand le gouvernement a annoncé des mesures d’austérité au détriment de subventions sur la nourriture, le logement et les frais de scolarité.

Et le Christian Science Monitor de s’interroger sur les possibilités de réalisation d’un «printemps soudanais» sur le modèle égyptien ou tunisien, malgré la limite dans l’analogie que l’on peut faire entre ces différents évènements.

L’organe de sécurité soudanais, ne cible pas seulement sur les étudiants, avant-garde du mouvement de protestation qui a pour hauts-lieux les universités d’où sortent les manifestants.

Mais il vise également les opposants politiques, militants des droits de l'homme, avocats, et autres personnalités de la société civile, espérant étouffer le mouvement de protestation dans l'œuf.

«Au lieu de répondre aux revendications des manifestants, le gouvernement soudanais semble cibler des personnes pour leurs opinions politiques présumées», affirme Daniel Bekele, directeur Afrique de Human Rights Watch.

Autant d’éléments qui montrent que le régime est aux abois, veulent croire les membres de la société civile.

A l’instar de Dalia Haj-Omar, militant soudanais des droits humains pour qui les interpellations ne font qu’augmenter la colère de la rue:

«La réaction violente du NCP (National Congress Party, au pouvoir) et ce nombre d'arrestations sans précédent montre qu'il s'agit d'un régime qui a peur de l'avenir et qui se montre incapable de maîtriser le présent.»

Lu sur le Christian Science Monitor

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