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La quête du Graal de l'arabica en Afrique de l'est

L’Afrique, nouveau terrain providentiel pour les producteurs de café?

Le café arabica, la variété la plus apprécié des connaisseurs —plus doux et moins caféiné que le café robusta—, est aujourd'hui une denrée de première nécessité les plus consommées dans le monde, au même titre que le pétrole.

La majeure partie de la production d’arabica se situe en Amérique du Sud (Brésil, Colombie), mais avec une demande en forte hausse et une production stagnante, nombreuses sont les entreprises du secteur à chercher de nouveaux terrains d’exploitation, notamment en Afrique. Ce que nous confirme le Wall Street Journal:

«Les entreprises se tournent vers l’exploration afin d’assurer les futurs enjeux liés au café, étant donné que la production reste constante tandis que la demande augmente. Ainsi le prix du grain de café a quadruplé depuis 2001.»

Tim Schilling est, tel que l’a surnommé le quotidien américain, un «Indiana Jones du café». 59 ans, agronome à l’université Texas A & M (Etats-Unis), directeur de la Recherche internationale sur le café (World coffee research), il est devenu spécialiste dans l’art de débusquer de nouvelles variétés de café arabica.

Pour lui, l’idéal serait de trouver une espèce résistante à la chaleur et à la sécheresse, véritable Saint Graal de l'arabica.

Et d’après Andrea Illy, président directeur général d’Illy, l’Afrique de l'est est un véritable vivier en la matière:

«L’Ethiopie est l’endroit où le café est né, et le pays abrite de loin la plus grande concentration de matériel génétique en la matière.»

C'est pourquoi M.Schilling prospecte beaucoup en Afrique de l’Est pour y trouver la perle rare, et fait appel pour ce faire tant à des botanistes renommés qu’à des villageois locaux.

Un pari osé, avec les problèmes de sécheresse qui sévissent dans la Corne de l’Afrique depuis tant d'années. L’espoir viendra peut-être du Soudan du Sud, plus précisément du plateau de Goa, où le scientifique a récemment fait une découverte intéressante:

«Alors que le groupe marchait pour rentrer au camp, Aaron Davis, un taxonomiste d’origine britannique (…) a aperçu un petit plant de caféier différent des autres. Ses feuilles étaient plus étroites, plus lustrées et spongieuses, et avaient l’air d’avoir évolué au point de pouvoir retenir l’humidité et de rejeter les rayons ultraviolets du soleil.»

M. Schilling et son groupe sont désormais en train d’étudier cette espèce et les autres recueillies, espérant avoir enfin trouvé la perle rare.

Lu sur Wall Street Journal

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