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Egypte - Les Bédouins, inconnus au bataillon

Chez les Bédouins du Sinaï (péninsule égyptienne restituée à l'Egypte par Israël en 1982), une feuille de palmier suffit à sceller un mariage.

L’enregistrement en mairie et les tracasseries administratives des grandes villes ne sont pas ancrés dans les coutumes de cette tribu nomade.

Pourtant, vivre sans papiers d’identité en Egypte —forte de 85 millions d'habitants— peut comporter plusieurs inconvénients. Et Talal Rashid, un Bédouin de 42 ans, l’a appris à ses dépens.

Pour inscrire ses enfants à l’école, Talal Rashid devait obligatoirement fournir un certificat de naissance, document qu’il n’avait pas en sa possession. Ses parents ne l’ont pas déclaré à la naissance. A la naissance de ses enfants, Rashid, dans la pure tradition bédouine, a suivi le même exemple.

«Mes enfants de 15 et 19 ans me disent souvent que faire des études leur auraient permis d’avoir de meilleures opportunités dans la vie. Je suis triste pour eux car ils sont en train de payer les conséquences de mes propres erreurs», a-t-il confié aux journalistes du site humanitaire Irin.

Autre exemple concret. Faute de pièces d’identités, beaucoup de femmes bédouines sont obligées d’accoucher dans des endroits reculés.

Par ailleurs, Rashid et ses pairs ne peuvent bénéficier ni des vaccinations gratuites ni de bons d’achat pour les aliments de base.

Selon Bakr Sweilam, directeur d’une ONG basée à Sinaï, les Bédouins non recensés seraient plus de 70.000.

«Ces personnes ne sont pas incluses dans le recensement national égyptien. Elles sont là mais, pourtant, elles sont inconnues au bataillon», a-t-il notamment déclaré.

Conscients du problème, les autorités locales avaient, à un moment donné, entrepris d’envoyer des officiers dans les ménages bédouins afin de procéder à un recensement. Malheureusement, cette initiative a été de courte durée.

Au quotidien, nombreux sont les Bédouins qui paient le prix fort de leur anonymat, entre discrimination et mépris du gouvernement. Ils sont d’ailleurs, considérés comme les plus pauvres en Egypte.

Lu sur Irin

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