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Palmarès des lois liberticides les plus absurdes

Interdiction formelle de s’habiller en blanc, de choisir sa religion, de se plaindre lorsqu’on se fait voler ses terres… Les régimes autoritaires savent faire preuve d’imagination quand il s'agit d'asseoir leur autorité.

The Christian Science Monitor a donc publié un palmarès des dix lois privatives de libertés les plus absurdes. Une telle liste pourrait être comique, si ces lois ne cachaient pas une atteinte intolérable aux libertés fondamentales des droits de l’Homme. Tel que le souligne le site américain d'information:

«Le droit de former des associations, clubs, et autres groupes, de même que rencontrer et de parler individuellement avec des gens sans l’interférence du gouvernement est une liberté fondamentale protégée par l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et est à juste titre une composante essentielle de toute société.»

Nombreux sont donc les régimes politiques qui n'ont pas de scrupule à bafouer les droits fondamentaux des citoyens, parfois d’une manière grossière et ridicule. L’Afrique n’est pas épargnée, bien qu’il n’y ait que deux pays du continent à avoir été recensés par le site américain d’information, pour établir son classement.

Le Zimbabwe tout d’abord... qui a interdit à sa population de regarder les journaux d’information à la télévision! Une loi adoptée en 2011 lors des révolutions arabes, par crainte que des activistes aux aspirations un peu trop démocratiques puissent fomenter une révolution contre le gouvernement zimbabwéen.

«Bien que le juge ait concédé le fait que regarder une vidéo des protestations n’était pas un crime en soi, c'était une incitation de la part du groupe d'activistes à s’opposer au gouvernement et donc à semer la zizanie. Après plusieurs jours de délibération, le tribunal a décidé de ne pas emprisonner les six activistes en cause, mais les a condamnés à 500 dollars d’amende (400 euros) et 420 heures de travaux d’intérêt général.»

L’Ouganda n’est pas en reste, puisque le gouvernement Museveni a interdit, en avril 2012, de marcher pour aller au travail. Cela fait suite à la marche organisée par les Activistes pour le changement (A4C), la Walk to work (la marche du travail) pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence et des produits alimentaires.

«Le gouvernement a annoncé que les marches constituaient une forme d’assemblée illégale, et a déployé des forces de sécurité pour endiguer la manifestation. Il y a certes eu des jets de pierre de la part des manifestants, d’après Human Rights Watch, mais la police et les soldats ont ouvert le feu sans distinction sur les marcheurs violents et non violents, les journalistes et les passants.»

D’autres pays ont ainsi adopté des lois répressives grotesques, mais dont les conséquences peuvent être dramatiques. La Corée du Nord, couramment considérée comme l’Etat le plus répressif au monde, a interdit à ses citoyens de se servir de leur téléphone portable durant les 100 jours suivants la mort de Kim Jong-Il, sous peine d’être considéré comme «criminel de guerre».

Lu sur The Christian Science Monitor

 

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