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Sénégal - Qui peut déminer la Casamance?

Le déminage n’est-il pas une mission d’ordre public? A fortiori dans un pays comme le Sénégal, où nombre de villages de Casamance (sud) sont pollués par des «mines terrestres».

Le pays allait presque atteindre l’objectif de la Convention d’Ottawa qui prévoit la neutralisation de toutes les mines anti-personnel d’ici 2016. Depuis 2008, des opérations de déminage ont lieu dans toute la Casamance.

«Seize villages ont été dépollués, permettant aux habitants de revenir y vivre. Mi-juin 2012, six autres villages ont été déclarés déminés et prêts à être repeuplés», précise le site des Nations Unis IRIN.

Malgré ces bonnes performances, le déminage est loin d’être terminé, si l’on en croit les perspectives d’un chef de mission de l’ONG Handicap International (HI), qui estime «qu’au moins 90 pour cent des terrains minés restent à être dépolluées, la plupart au nord de la Casamance, le long de la frontière avec la Gambie.»

«Des mines sont encore posées à Sindian, à 100 km au nord de la capitale, Ziguinchor, où les combats continuent entre les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) et l’armée sénégalaise», précise le site.

Jusqu’à présent le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS) supervisait et coordonnait les activités liées à ce fléau et Handicap International s’occupait du déminage. Mais c’est sans compter l’entrée d’un nouvel acteur, une société privée sud-africaine qui se chargera du déminage. 

«Le personnel de HI redoute un ralentissement du déminage au cours de l’année prochaine car la nouvelle société devra, d’une part, recruter et former des démineurs, et d’autre part, apprendre à connaître le terrain et le contexte politique», ajoute le site.

Or les habitants des villages pollués par les mines attendent beaucoup de ces opérations de déminage. Leur vie est chamboulé car ils ne sont pas maîtres du territoire sur lequel ils vivent. Le danger n'est jamais loin. 

«Ici, nous sommes dans une école et la zone déminée est située à quelques mètres seulement, l’accès était interdit depuis des années… Cela signifie tellement pour nous», confie Ibrahima Diédhiou, président de la communauté rurale d’Adéane, l’un des nouveaux villages nettoyés.

Lu sur IRIN

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