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Lutte contre Boko Haram : un chef mercenaire critique les "mauvaises décisions" de Buhari

Le patron d'une société militaire privée qui avait fortement contribué à reprendre aux jihadistes de Boko Haram des pans entiers de territoire au Nigeria, a attribué dimanche l'explosion des violences aux "mauvaises décisions politiques" du président Muhammadu Buhari.

L'armée nigériane subit des pertes de plus en plus importantes face aux jihadistes, qui multiplient ces derniers mois les attaques de bases militaires dans le nord du Nigeria.

"N'accusez pas les forces armées quand ce sont des mauvaises décisions politiques qui aboutissent à ce que des gens meurent", a écrit l'ancien officier sud-africain Eeben Barlow dans un post publié sur Facebook.

Son entreprise de mercenaires, STTEP, avait été engagée pour aider l'armée nigériane à reconquérir plusieurs régions tombées aux mains des insurgées islamistes, en 2015.

"Nous n'avons pu mettre en oeuvre qu'une petite partie de la campagne que nous avions planifiée avant de recevoir l'ordre de quitter le pays", a dénoncé Eeben Barlow, qui assure que "beaucoup des hommes que nous avons entraînés sont restés en contact avec nous et ils militent pour notre retour au Nigeria".

"Ils nous disent qu'ils ont été tellement utilisés qu'ils sont au bord de l'effondrement", a-t-il ajouté, soulignant que les attaques des jihadistes "ont causé de très fortes pertes et la capture de quantités massives d'équipement". 

Le lancement, début 2015, d'une opération militaire régionale dans laquelle le Tchad était en première ligne et le recours à des mercenaires étrangers avaient permis de chasser Boko Haram des zones sous son contrôle.

Arrivé au pouvoir en mars 2015, notamment sur la promesse qu'il allait mettre un terme à l'insurrection islamiste, Muhammadu Buhari, un ancien général, avait rapidement assuré que les combattants de Boko Haram étaient "techniquement vaincus".

Mais les attaques ont repris avec de plus en plus d'ampleur, notamment sous la direction de la branche de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), la fraction de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique.

Depuis juillet, l'AFP a recensé au moins 17 attaques contre des bases militaires, quasiment toutes situées dans la région du pourtour du lac Tchad, une zone contrôlée par l'ISWAP.

Des soldats nigérians ont publié samedi une vidéo confirmant que des dizaines de militaires avaient été tués lors d'une attaque récente des insurgés et déplorant la médiocrité de leur équipement.

Mohamed Buhari avait fait part dans la foulée du "choc profond" qu'il avait ressenti après cette attaque.

Son bilan sécuritaire est aujourd'hui très critiqué, alors que le chef de l'Etat est candidat à sa propre succession à la présidentielle de février 2019.

Plus de 27.000 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'insurrection jihadiste en 2009 et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers. 

AFP

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