SlateAfrique

mis à jour le

Egypte - Quand Hillary Clinton devient «Monica Lewinsky» (VIDEO)

«Monica! Monica! Monica!», scandait le comité d’accueil réservé à Hillary Clinton lors de sa visite au Caire les 14 et 15 juillet 2012, en référence à la maîtresse de l’ex-président des Etats-Unis Bill Clinton, Monica Lewinsky.

Les manifestants ont également lancé des tomates, des chaussures, alors que la secrétaire d’Etat quittait le consulat américain d’Alexandrie.

Première visite d’un responsable politique étranger depuis l’élection de Mohammed Morsi. Et pas n’importe lequel. Les Etats-Unis sont accusés de soutenir l’armée.

Car, hormis les habituelles suspicions d’ingérence, c’est la rencontre entre le maréchal Mohammed Hussein Tantaoui et Hillary Clinton qui aurait soulevé l’ire des manifestants et des islamistes, rapporte le site égyptien d'information Masry al-Youm.

Pour d’autres encore, la colère était davantage liée à l’idée selon laquelle les Etats-Unis ont permis la victoire des Frères musulmans à l’élection présidentielle. 

Des rumeurs circulent même sur un possible financement des Frères musulmans par l'administration américaine, peut-on lire sur un blog du New York Times.

«Les Frères ont gagné car les Etats-Unis l'ont bien voulu», estiment les tenants de cette théorie.   

Dans tous les cas, Hillary Clinton a essayé de délivrer un message consensuel pour ne pas envenimer le bras de fer historique entre les Frères et les militaires.

Elle a rappelé la nécessité d’un «consensus» à travers le spectre politique égyptien. Selon elle, il est prioritaire de travailler à la rédaction d’une nouvelle Constitution, capable de protéger la société civile et d’affirmer la pleine autorité de la présidence, rapporte le New York Times.

«Je veux être très claire sur le fait que les Etats-Unis ne se mêleront pas des affaires politiques de l'Egypte. Nous ne sommes pas là pour choisir qui seront les gagnants ou les perdants», a-t-elle rappelé

Après la victoire de l’islamiste Mohammed Morsi, l’administration américaine a tout de suite félicité le nouveau président.

capture d'écran Twitter. Manifestation anti-Clinton

La visite d’Hillary Clinton va dans le sens d’un pragmatisme politique qui s’oppose clairement à la politique arabe des Républicains au temps de la présidence de George.W Bush, note le journaliste du New York Times.

Lu sur le New York Times , Masry al Youm

 

A lire aussi

Le dilemme égyptien de l'Amérique

Vers une démocratie islamiste

Morsi, président

Egypte: Les Frères Musulmans n'ont pas dit leur dernier mot