SlateAfrique

mis à jour le

Egypte - Ces touristes sexuels qui marient des jeunes égyptiennes

Epouser le temps d’un été (et plus si affinités) des jeunes filles égyptiennes, voilà l’attraction touristique préférée de riches hommes originaires du Golfe Persique.

Une réalité alarmante que rapporte le département d’Etat américain, dans son rapport 2012 sur le trafic d’êtres humains.

En Egypte, la loi interdit le mariage d’un étranger à une jeune fille égyptienne si et seulement s’ils ont une différence d’âge de 10 ans, souligne le Daily Mail.

Une loi qui est, pourtant, vite contournée par les officiers de l’Etat civil qui fabriquent des faux actes de naissance, à la demande des familles dans le besoin qui n’hésitent pas à vendre leurs filles aux hommes riches du Koweït ou des Emirats Arabes Unies, pour des sommes (des dots) allant en général de 400 à 4.000 euros.

En échange, les jeunes filles, qui ont souvent moins de 18 ans, sont victimes d’esclavage sexuel et sont parfois forcées à être des domestiques.

«La pauvreté est la raison principale de ce trafic», a notamment déclaré Dr Hoda Badran, présidente de l’ONG Alliance pour les femmes arabes, au Sunday Independent.

Avant d’ajouter:

«Si ces familles sont dans un besoin tel qu’elles n’hésitent pas à vendre leurs filles, vous pouvez imaginer à quel point elles sont pauvres. La plupart du temps, les filles ne savent même qu’elles ne se marieront que pour une courte durée.»

En effet, ces mariages sont très souvent temporaires. Mais selon ledit rapport cité par le Daily Mail, il arrive parfois que ces hommes repartent avec leurs «femmes» dans leur pays.

Celles qui restent au pays, à l’inverse, sont mises au ban de la société conservatrice égyptienne surtout si elles tombent enceintes durant leur mariage express.

Ces marginales sont généralement obligées d’abandonner leurs enfants ou se prostituer pour survivre.

Le Daily Mail prend l’exemple d’Aziza qui a, elle, été vendue à un peu plus de 2.700 euros par sa famille.

A 17 ans, elle s’est mariée à un riche homme de 45 ans originaire d’Arabie Saoudite qui lui avait promis de trouver un travail à son frère installé dans le Golfe Persique.

Après un mariage éclair d’un mois,  l’homme en question rentre en Arabie Saoudite sans avoir tenu sa promesse.

Depuis, Aziza, enceinte, tente de retrouver son mari pour qu’il reconnaisse l’enfant afin qu’il ait une vie meilleure.

Mais, avec un mariage plus officieux qu’officiel, ses tentatives demeurent vaines et Aziza est, pour l’heure, retournée dans sa famille pour élever son enfant.

Lu sur Daily Mail, U.S State Department

A lire aussi

Egypte: quand les pays du Golfe dopent le tourisme sexuel

Les pays du Golfe font-ils la loi en Tunisie?

Les 10 grandes destinations du tourisme sexuel en Afrique

Les islamistes à l'épreuve du bikini