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Les crises postélectorales, une fatalité en Afrique?
Il faut pallier le déficit de culture citoyenne et démocratique qui s'observe dans certains pays du continent.
C’est devenu un rituel immuable. Très souvent, lors de l'élection présidentielle, un peu partout sur le continent africain, les populations sont confrontées à des séries de violences postélectorales.
Quelques fois même avant, comme ce fût le cas récemment au Sénégal, avec une hypermédiatisation de toutes les presses du monde, donnant à chaque fois une image désastreuse du continent.
Pourquoi ce phénomène qui a atteint son paroxysme lors de la dernière élection présidentielle ivoirienne, est-il plus répandu sur le continent africain, beaucoup plus qu’ailleurs? Est-ce une fatalité?
Ou la conséquence d’un mécanisme psychosociologique lié à nos cultures traditionnelles africaines, qui nous emprisonnent dans des aveuglements claniques, ethniques, idéologiques ou religieux?
Population ignorante, population manipulable
Ou peut-être, est-il le résultat d’un déficit de socle éducatif, permettant à nos populations d’acquérir des aptitudes intellectuelles et psychologiques suffisamment fortes pour éviter les manipulations politiques de nos dirigeants, qui très souvent se servent d’elles pour réaliser leurs ambitions politiques?
En Côte d’Ivoire par exemple, comme ailleurs sur le continent, les crises postélectorales naissent des manipulations politiques et médiatiques des populations, très souvent ignorantes, non instruites et intoxiquées idéologiquement.
Parfois, des générations entières sont sacrifiées pour mener des combats politiques personnels.
Toujours au prix de nombreuses vies humaines. Dans une guerre, les obus et les balles, ne font pas de distinction dans la population. La réalité de la guerre fait soudainement place à l’euphorie du sentiment de toute puissance.
Avec l’horreur des bombardements et ses lots de victimes, des proches qui meurent à la maison dans l’impuissance totale de l’entourage, ou, dans les hôpitaux par manque de soin, de crise cardiaque ou d’une violente montée de tension, cette réalité se transforme soudainement en cauchemar.
Tous ces drames ne choisissent pas leurs victimes en fonction de leur bord politique, de l’ethnie ou de la religion. Beaucoup de ces jeunes combattants ne savent même pas pourquoi ils tuent et vont se faire tuer.
Population solarisée, population avertie
Aujourd’hui, dans les pays développés où nos dirigeants ont pratiquement tous fait leurs études, il devient difficile pour n’importe quel leader politique de manipuler les populations de manière à s’entretuer entre elles pour satisfaire leurs ambitions politiques.
Même en utilisant la fibre religieuse à des fins politiques, il n’y a que des personnes isolées et en marginalité, ou malades mentales qui trouvent un écho favorable à ces manipulations politiques. La raison est toute simple.
Ces populations ont atteint un niveau important d’éducation, d’instruction, d’occupation d’emploi, mais surtout, une grande d’autonomie vis-à-vis des dirigeants politiques et des idéologies de leur parti.
On se méfie tout autant de la religion que de la politique. En plus de cela, ces populations se définissent d’abord comme des citoyens d’une nation, «une et indivisible», avant tout sentiment d’appartenance régionaliste et même religieux.
Dans ces conditions, il est vraiment difficile pour des personnes qui ont un emploi, une qualité de vie décente et qui vivent dans une société organisée, de s’entretuer pour qu’une personne conserve ou accède au pouvoir.
L’éducation comme remède
Alors, les crises et guerres civiles générées par les avidités politiques de nos dirigeants, sont-elles des fatalités liées à notre naïveté, ou au poids de nos traditions qui nous rendent prisonniers de notre groupe ethnique ou religieux? Ou encore d’un manque d’éducation et d’instruction?
Peut-être un peu de tous ces paramètres, auxquels il faudrait rajouter le fort taux de chômage dans nos populations, notamment chez les jeunes qu’on manipule en leur promettant un emploi et de l’argent souvent mal acquis.
Aujourd’hui, la meilleure manière de réconcilier les ennemis d’hier, c’est de construire des écoles, des universités, des centres de formations professionnels, consolider le lien social partout sur le territoire et surtout créer des emplois pour ces populations livrées à elles-mêmes.
Un peuple instruit et éduqué, occupé à travailler, à préparer l’avenir des générations futures, dans une société organisée et sécurisée avec des règles et de la discipline ne peut pas sacrifier tous ces acquis en allant combattre ses propres concitoyens au risque d’y laisser la vie.
Un chef d’Etat avait dit jour, «qu’il y ait, mille morts à droite et mille morts à gauche, j’avance.» Cela devrait nous faire réfléchir sur nos engagements idéologiques à des fins qui nous échappent.
Macaire Dagry
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