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Mali - Jacques Chirac et Abdou Diouf s'indignent

«C’est un projet totalitaire. Un crime contre l’Afrique», préviennent les deux anciens présidents français et sénégalais. 

Jacques Chirac, ancien chef d'Etat français (1995-2007) et Abdou Diouf, ancien président sénégalais (1981-2000) désormais secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) publient une tribune le 13 juillet dans le quotidien français Le Monde. Les deux anciens présidents unissent leurs voix pour s’indigner du saccage de Tombouctou.

Depuis le mois de mars, le Nord du Mali est tombé aux mains des Touaregs, du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et des islamistes. Mais, depuis le 11 juillet dernier, les groupes islamistes tels qu'AQMi ou Ansar Dine contrôlent seuls la région. Et ont entrepris de détruire les mausolées et mosquées de Tombouctou.

«Un pays privé de son passé est un pays privé d’avenir», préviennent les deux anciens chefs d'Etat dans cette tribune intitulée «Sauver Tombouctou pour sauver la paix».

Et ajoutent «C’est un danger global: l’indifférence est impossible car, si une poignée d’extrémistes réussit à imposer sa loi dans cette région aux équilibres fragiles, c’est l’ensemble des pays du Sahel qui peut être déstabilisé.» 

Les deux hommes prônent une intervention au Nord-Mali.  

«C’est à Tombouctou aujourd’hui que se joue le combat contre le terrorisme et l’extrémisme, le combat pour la tolérance et le respect. Il y a urgence à agir», poursuivent-ils.

Si les deux anciens chefs d’Etats se félicitent de la résolution adoptée par le conseil de sécurité de l’ONU, qui soutient les médiations de la Cédéao et de l’Union Africaine, ils veulent que la communauté internationale aille plus loin.

Et prônent, en premier lieu, d’exploiter «toutes les voies légales pour faire échec aux visées mortifères des extrémistes». Avant de lancer l’idée d’«un plan Marshall pour le Sahel.»

Leur justification, «la crise sécuritaire» qui occulte «la dramatique crise alimentaire qui touche l’ensemble de la région depuis maintenant trois ans». Les deux hommes s'inquiètent de l'avenir du Sahel: «ces crises, au-delà de l’urgence présente qui impose des réactions immédiates, apparaissent comme un prélude à de plus grandes crises».

Et de conclure : «Nous en appelons à la responsabilité (…) de la communauté internationale (…), des pays traditionnellement engagés en Afrique comme des puissances émergentes. L’échec ou la victoire de l’Afrique sera notre échec ou notre victoire à tous. Si nous l’oublions aujourd’hui, la jeunesse africaine saura nous le rappeler demain.»

Depuis quelques mois, les apparitions de Jacques Chirac sont extrêment rares. L’état de santé de ce dernier, qui devrait fêter ses 80 ans en novembre prochain, suscite quelques inquiétudes. 

Lu sur Le Monde

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