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Centrafrique: nouvelle éruption de violences, 37 morts

Trente-sept personnes ont été tuées jeudi en Centrafrique dans des combats entre groupes armés, quelques heures avant des débats houleux à l'ONU sur le renouvellement de la mission de maintien de la paix présente dans le pays depuis 2014.

"37 morts confirmés à Alindao", dit un rapport onusien dont l'AFP a pris connaissance vendredi soir.

Les combats ont opposé jeudi des milices antibalaka, autoproclamés d'autodéfense, à des combattants du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC), dans la ville d'Alindao (centre). Mais, comme souvent dans ces affrontements, ce sont surtout les civils qui ont été tués.

"Jeudi matin, les antibalaka ont tué des personnes de confession musulmane. Une heure plus tard, l'UPC a riposté en attaquant le camp de déplacés", a confirmé à l'AFP Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission de l'ONU en RCA (Minusca).

Un prêtre a été tué dans ces affrontements et un autre est porté disparu, selon une source religieuse à Bangui.

L'église d'Alindao et une partie du camp de déplacés de la localité auraient brûlé, a indiqué une source onusienne.

Selon un communiqué de l'ONU vendredi soir, 20.000 personnes ont été affectées par ces nouvelles violences, qui ont obligé "des milliers" d'autres à fuir "à nouveau".

"Ce cercle vicieux d'attaques répétées contre des civils est inacceptable. Les civils veulent la sécurité, la paix et un avenir", s'est insurgée dans le texte Najat Rochdi, coordinatrice humanitaire de l'ONU en RCA.

-situation "désastreuse"-

Alindao a longtemps été la principale base de l'UPC, groupe armé  dirigé par Ali Darassa, l'un des principaux groupes de l'ex-coalition Séléka qui avait renversé le régime de François Bozizé en 2013.

A l'époque, la Séléka avait marché sur Bangui, entrainant une riposte des milices antibalaka. Depuis, la Centrafrique, contrôlée en grande majorité par les groupes armés, est en proie à des violences meurtrières quotidiennes.

Dans la ville d'Alindao, charnière du centre de la Centrafrique car sur la principale route qui mène au sud-est du pays, les combats sont fréquents. Un humanitaire y a été tué début août.

Deux Casques bleus ont aussi perdu la vie depuis six mois dans cette zone où de nombreuses mines de diamants et d'or attisent les convoitises des groupes armés.

Début septembre, l'ONU avait alerté sur la situation humanitaire "désastreuse" qui prévaut à Alindao, affirmant que la localité était "sous le contrôle de groupes armés, réduisant à néant le rôle des autorités locales".

- valse inefficace des médiations -

Jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a débattu à New-York du renouvellement de la mission onusienne en Centrafrique, la Minusca, présente depuis 2014 et en proie à de nombreuses critiques en raison de son incapacité à faire face aux violences.

A ces critiques s'est ajoutée une querelle entre la Russie, les Etats-Unis et la France à propos d'un projet de résolution déposé par Paris.

Celui-ci dénonçait les récentes tentatives russes d'organiser des accords de paix parallèles à l'initiative de l'Union africaine (UA), qui est "le seul cadre" possible pour une parvenir à une solution.

En réponse, Moscou a estimé que la France devait laisser de côté ses "intérêts nationaux paroissiaux" en Centrafrique, ancienne colonie où Paris a toujours été présent militairement depuis l'indépendance, en 1960.

Moscou, en plein offensive diplomatique dans le pays depuis début 2018, a engagé durant l'été une médiation entre groupes armés, parallèle sinon concurrente de celle de l'Union africaine, avec une réunion fin août à Khartoum.

Le Conseil de sécurité a voté à l'unanimité pour étendre, pour un mois, le mandat de la mission, avant un nouveau vote le 15 décembre pour l'adoption d'une nouvelle résolution.

Dans un rapport début novembre, le centre d'analyses Enough Project a dénoncé la "valse des médiations" qui a lieu "sans qu'aucune solution durable et cohérente ne voit le jour".

Ces médiations, une dizaine depuis le début de la crise, ont pour l'heure échoué à stopper la "frénésie du pouvoir", selon Enough, des groupes armés opérant sur le territoire.

Ceux-là, selon l'ONG, cherchent à attiser les violences sectaires pour "légitimer leurs crimes" et piller les nombreuses richesses naturelles du pays.

En Centrafrique, un quart des 4,5 millions d'habitants ont fui leurs domiciles.

AFP

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