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Ces réfugiés sexuels en quête d'une terre d'asile

En Afrique, trente-sept pays considèrent toujours l’homosexualité comme un crime. Dans ces Etats, être homosexuels est un calvaire. Parfois mortel.

Pour cette raison, les «persécutions liées à l’identité sexuelle d’un individu sont de plus en plus souvent considérées par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les législations nationales comme un motif suffisant pour demander l’asile», rapporte Irininews.

Selon la convention de 1951 qui détermine ce statut, est réfugié toute personne craignant pour sa vie en raison de l’«appartenance à un groupe social particulier».

De nombreux LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués) n’ont pas accès au droit d’asile.

En cause, la méconnaissance de leurs droits, mais aussi le rejet de nombreux pays.

C’est le cas de Cassim Mustapha, homosexuel tanzanien, dont Irinnews rapporte le témoignage. Blessé à la hache par certains membres de sa communauté, Cassim Mustapha a dû quitter son pays pour demander asile au Malawi.

Refoulé successivement du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe, ce jeune homosexuel s’est présenté à la frontière sud-africaine. L’Afrique du Sud, dont la Constitution protège les homosexuels, a la réputation de bien accueillir ces «réfugiés sexuels».

Seulement, quand Cassim Mustapha y argue de sa situation d’homosexuel pour demander l’asile, les agents de l’immigration l’arrêtent. Direction la prison. Avant de le déporter au Zimbabwe. Depuis, son avocat n’a plus de nouvelles de lui.

Selon une étude publiée par People Against Suffering Oppression and Poverty (PASSOP), l’expérience de M. Mustafa ne serait pas la norme.

Mais force est de constater que la situation de ces réfugiés se détériore en Afrique du Sud. La plupart, contactés par PASSOP, déclarent avoir été victimes de discrimination. En cause, l’homophobie, mais aussi la xénophobie.

«Rejetés par la communauté des réfugiés à cause de leur orientation ou de leur identité sexuelle, ils ont généralement aussi été exclus de la communauté gay bien établie du Cap à cause de leur statut d’étranger», affirme Irinnews.

Le site d’information rapporte également le quotidien difficile des réfugiés homosexuels dans les pays qui les considèrent comme criminels.

En tête de liste, l’Ouganda et le Kenya. Dans ces deux Etats, l’association Human Rights First dénonce les menaces qui planent sur ces personnes.

«La plupart d’entre eux se protègent (…) en déménageant fréquemment ou en cherchant à cacher leur orientation ou leur identité sexuelle», assure Irinnews.

Seule solution, déménager, encore et toujours, pour trouver refuge dans d’autres pays.  

«Pour l’instant, les réfugiés LGBTI du Kenya et d’Ouganda qui ont eu la possibilité de se réinstaller sont rares», estime M. Breen, chercheur pour Human Rights First.

Et d’espérer, pour conclure, une plus ample prise de conscience de la part du HCR concernant les «réfugiés sexuels».

Lu sur Irinnews

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