SlateAfrique

mis à jour le

Comment vivre mieux dans la plus grande mégalopole africaine Lagos

Avec une population estimée à 11,4 millions d’habitants, Lagos, capitale économique du Nigeria, devient la ville la plus peuplée d’Afrique, titre longtemps détenu par la ville égyptienne du Caire.

Mais d’après le Financial Times, Lagos ne se contente pas d’être la plus importante des villes africaines. C’est également, en terme d’innovation urbaine, un «modèle sur la manière dont les mégalopoles africaines peuvent faire face à une population grandissante».

Il n’existe pas de chiffre précis de la surface géographique occupée par Lagos, ni de recensement à la lettre de sa population, et sa réputation de ville surpeuplée, malfamée, au trafic infernal, n'est plus à faire.

Pourtant, comme le précise Ayo Adediran, grande figure du développement urbain de Lagos, «les choses changent».

De nouvelles politiques de réforme urbaines laissent entrevoir certaines améliorations.

Par exemple, la réduction des limitations de vitesse, l’instauration de voies réservées aux bus et de nouvelles signalisations, ont permis de réduire considérablement les embouteillages du centre-ville. Ainsi:

«Tout fait partie d’un ambitieux plan sur le long terme mis en place par le gouvernement de l’état de Lagos pour transformer l’un des centres urbains les plus dysfonctionnels du continent en une mégalopole africaine modèle (…)

La renaissance de Lagos est également déterminante pour l’avenir du Nigeria, qui abrite un sixième des habitants de l’Afrique sub-saharienne. »

Alioune Badiane, directeur du bureau régional pour l’Afrique et les Etats arabes au programme des Nations unies pour l’habitat (ROAAS) affirme:

«C’est un enjeu crucial pour le continent puisqu’il n’existe pas de développement sans une urbanisation durable.»

La croissance urbaine exceptionnelle que connaît Lagos est loin d’être un phénomène isolé sur le continent. De nombreuses villes autrefois considérée comme secondaires grossissent à vue d’œil, conséquence d’un taux de natalité toujours élevé et d’un exode rural massif. En effet, tel que le rappelle le Financial Times:

«Le stéréotype typique de l’Africain vu comme un villageois ou un fermier va rapidement disparaître. En 1950, seul un Africain sur sept vivait en zone urbaine. Aujourd’hui quatre dixième des Africains vivent en ville. Aux environs de 2030, le continent deviendra la plus grande zone mondiale à être urbanisée à hauteur d'au moins 50%.»

Lu sur Financial Times, The Atlantic, New-York Times

A lire aussi

Faut-il éviter l'avion au Nigeria?

Pourquoi le Nigeria fait peur à ses voisins

La démographie ne doit pas servir de prétexte au Nigeria