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Nouveau coup dur pour la conférence sur la Libye, la Turquie quitte la scène

La conférence de Palerme sur la Libye a subi un nouveau coup dur avec le départ précipité mardi de la Turquie, outrée d'avoir été exclue d'une réunion dans la matinée.

Le vice-président turc Fuat Oktay a préféré claquer la porte de cette conférence, convoquée par le gouvernement italien en Sicile, après avoir été tenu à l'écart d'une réunion informelle des principaux acteurs de la crise libyenne, qui s'est tenue en marge de la conférence.

"Toute réunion qui exclut la Turquie ne peut être que contre-productive pour la solution du problème", a indiqué un communiqué de M. Oktay, dont le pays joue pourtant un rôle clé dans la crise libyenne.

Cet accès de colère de la Turquie, qui s'est dit "profondément déçue", s'ajoute au mauvais départ de cette conférence qui s'est ouverte lundi soir, boycottée par le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye.

Ce dernier s'est bien rendu en Sicile, mais en précisant qu'il était hors de question qu'il participe à cette conférence. Il a toutefois accepté de rencontrer plusieurs acteurs nationaux et internationaux en Libye, lors d'une réunion informelle mardi matin.

Placée sous la présidence du chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, elle a rassemblé, outre M. Haftar, le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, le chef du gouvernement d'union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le Premier ministre russe Dimitri Medvedev, le président tunisien Beji Caïd Essebsi, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, l'émissaire des Nations unies pour la Libye Ghassan Salamé et le président du Conseil européen Donald Tusk.

Le maréchal Haftar, qui a volé la vedette à tous les autres participants à ce rendez-vous, a quitté la Sicile sitôt terminée cette réunion informelle sans attendre la session plénière de la conférence, prévue juste après.

M. Haftar, accueilli lundi soir par M. Conte à la Villa Igiea, avait déjà refusé de participer au dîner.

Dans son entourage on explique que ce militaire qui a fait de l'extrémisme islamiste sa bête noire a refusé de s'asseoir avec certains des participants à la conférence qu'il juge proche de cette mouvance.  

Une dizaine de chefs d'Etat et de gouvernement ont participé à cette conférence, à laquelle ont été conviés une trentaine de pays dont l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie, le Maroc, la France, l'Allemagne, la Grèce, ou l'Espagne. L'Union européenne est représentée par Donald Tusk et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Côté libyen, outre MM. al-Sarraj et Haftar, étaient également présents le président du Parlement, Aguila Salah, celui du Conseil d'Etat, équivalent d'une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri, ainsi que des représentants de certaines milices.

- Resserrer les rangs -

Le gouvernement italien entendait faire de ce rendez-vous de Palerme, qui fait suite à la conférence de Paris sur la Libye en mai dernier, l'occasion pour la communauté internationale de resserrer les rangs derrières les Nations unies dont la feuille de route a été présentée jeudi à New York par l'émissaire de l'Onu pour la Libye, Ghassan Salamé.

Mais, cette conférence, minée par les tensions entre factions libyennes, a une nouvelle fois prouvé qu'elle l'est aussi par les divisions entre les différents pays qui s'intéressent de près à la Libye. "Malheureusement, la communauté internationale n'a pas été capable de s'unir ce matin", a ainsi regretté la Turquie. Cette dernière a également déploré que certains pays, qu'elle n'a pas nommés, "continuent à prendre en otage le processus (politique en Libye) au nom de leurs propres intérêts".

La Turquie entretient des rapports difficiles avec l'Egypte, présent à la réunion informelle mardi à Palerme, et l'un des principaux soutiens du maréchal Haftar.

Le départ fracassant de la Turquie a en tout permis d'éclipser les frictions passées entre la France et l'Italie sur le dossier libyen. En mai, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d'élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

Des doutes partagés par M. Salamé qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l'Onu qu'une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d'élections avant la fin de l'année.

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