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Ces milliards de «biens mal acquis» qui ne reviendront peut-être jamais

Cinq milliards de dollars.

Tel est le montant que la Banque mondiale a réussi à rapatrier vers le continent africain depuis le début des procédures lancées contre le détournement des biens publics, rapporte le site d’information sénégalais, le Temps.

Ce chiffre a été rapporté lors d'une session de formation, organisée par la Banque mondiale et les Nations Unies, portant sur le recouvrement des «biens mal acquis», ces deniers publics détournés et blanchis par bon nombre de chefs d’Etat africains corrompus, qui s’est tenue le 10 juillet, à Dakar.

Ce fut l'occasion pour la Section de recherche de la Gendarmerie nationale sénégalaise, des représentants de l’Administration des douanes, des avocats, des magistrats et des experts envoyés par la Banque mondiale de faire le point sur les avancées en la matière.

«Depuis des décennies, globalement, les succès de rapatriement d’argent vers l’Afrique s’élèvent à cinq milliards de dollars depuis le début des procédures de recouvrement de biens, avec notamment un milliard de dollar et demi dans le cas d’Abba Abacha (fils du dictateur nigérian Sani Abacha, décédé en juin 1998)», a affirmé le magistrat suisse Yves Aeschlimann, présent à la réunion.

Mais, malgré l’avancée notable en matière de recouvrement de fonds, Yves Aeschlimann tient tout de même à relativiser.

«Les biens détournés de l’ensemble des chefs d’Etat ou gouvernement corrompus avoisinent 20 à 40 milliards de dollars par année», a-t-il déclaré.

Avant de poursuivre:

«Malheureusement, les résultats restent assez limités, même s’il y a beaucoup d’efforts de la communauté internationale notamment avec l’adoption de la convention des Nations unies contre la corruption. Il y a une prise de conscience internationale sur l’importance de ce domaine et de ce sujet.»

Selon lui, la récupération totale de l’argent détourné sera un processus très long.

Un défi qui ne fait, toutefois, pas peur à la Banque mondiale qui prévoit, d’ores et déjà, d’aider les autorités sénégalaises à voir comment spécialiser au maximum ses experts, les magistrats-enquêteurs qui vont participer à ce dossier de rapatriement de fonds et à la création de pôles financiers.

Lu sur Le Temps, RFI

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