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Egypte - Le bras de fer politico-judiciaire du président Mohammed Morsi

On le présentait comme un président fantoche en Egypte, sans réel pouvoir ou sous tutelle.

L'islamiste Mohammed Morsi montre qu’il n’est pas prêt à endosser ce rôle secondaire sur la scène politique égyptienne.

Il a donc décider de défier la Haute cour constitutionnelle (HCC).  

48 heures avant le début du second tour de l’élection présidentielle les 16 et 17 juin, cette dernière avait déclaré illégitime un tiers des sièges du Magliss al Chab (Assemblée du peuple). Une décision qui avait alors ouvert la voie à une dissolution totale de la chambre basse du parlement dominée par les islamistes.

Le 8 juillet dernier, le nouveau président en fonction va à l’encontre de cette décision par décret et appelle les députés à venir siéger le 10 juillet 2012, précise le site égyptien Masry al Youm.

La séance présidée par Saad al-Katatni, président du Parlement, tout juste rétabli dans ses fonctions, n’a duré qu’une dizaine de minutes.

L’occasion pour le président de l’Assemblée de défendre à nouveau le décret de Mohammed Morsi, qui ne représente, selon lui, aucune violation de la décision de la Haute cour constitutionnelle.

Pourtant dans la soirée du 10 juillet, la Haute cour constitutionnelle décide d'annuler le décret de Morsi.

Pour la Haute cour constitutionnelle, le président islamiste avait agi illégalement en convoquant l'assemblée, ce qui accroît la possibilité d'une confrontation entre la tête nouvellement élue de l'Etat et cette instance juridique la plus haute de l'Etat. 

L’ancien chef de la HCC Sultan Farouk a également déclaré que la réintégration du Parlement était une violation flagrante de la loi, ajoute Masry al Youm.

Pendant ce temps, les partisans de Mohammed Morsi étaient place Tahrir au Caire pour soutenir le président issu de la confrérie des Frères Musulmans. Des milliers d'Egyptiens ont fait le déplacement pour s'opposer à la décision de la Haute cour constitutionnelle.

Mais pour beaucoup de laïcs, le décret de Morsi prouve que la confrérie veut contrôler tous les rouages de l’Etat: après le parlement, la présidence et bientôt la justice?, rapporte le correspondant de RFI au Caire.

Cette crise politico-judiciaire pourrait bien se transformer en fracture plus dangereuse au sein de la population, entre ceux qui soutiennent «le coup de poker» de Mohammed Morsi et ceux qui s’en méfie.

Lu sur Masry al-Youm, RFI

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