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Maroc - Ces conservateurs qui se braquent contre la fornication

Avoir des relations sexuelles hors mariage n’est pas chose acquise au royaume chérifien.

Le ministre marocain de la Justice Mustafa al-Ramid a critiqué la demande présentée par un groupe d'activistes demandant la légalisation des relations sexuelles hors mariage.

«La révocation de la loi qui criminalise les relations sexuelles hors mariage serait une propagation de la corruption (des mœurs  ndlr) qui porterait un coup fatal aux valeurs marocaines», a répondu le ministre au parlement le 9 juillet cité par Al-Arabiya.

Un groupe de militants marocains appelle à la révision de l’article 490 du Code pénal qui punit tout homme et toute femme ayant des rapports sexuels hors mariage. Pour ces militants, le consentement des deux adultes prime sur toutes considérations morales ou culturelles.

Mais les critiques ne se sont pas limités au parlement. Même les dignitaires religieux ont pris le train de la réaction en route. Ils voient derrière cette liberté sexuelle, une grave menace du bien être moral et spirituel des Marocains.

Le Front salafiste marocain accuse les militants de violer une loi incontestable du Coran, celle de «la souffrance sexuelle engendrée par l’interdiction de la fornication».

Pour le Front salafiste, la démarche va à l’encontre également des principes de la Constitution.

«Selon la Constitution, les libertés personnelles ne peuvent pas violer les valeurs nationales et l'identité islamique du Maroc.»

A bien des égards, les libertés sexuelles demeurent vivement contrôlées, qu’elles se fassent en dehors des cadres du mariage ou en dehors de l’hétérosexualité.

La réaction du ministre de la justice rappelle la distance, parfois très grande entre le législateur et les pratiques de la société.

Lu sur Al-Arabiya

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