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Maroc - Les hommes prostitués sortent de l'ombre à Casablanca

Casablanca. Boulevard Rachidi.

Si l'omerta des médias et de la société marocaine s’impose à chaque évocation de ce boulevard, c’est qu’il est là où sévit le plus grand réseau de prostitution masculine dans le royaume chérifien.

Selon une enquête parue sur le site d'Afrik.com, les hommes prostitués n’hésiteraient plus à s’afficher de plus en plus dans les rues de Casablanca à la recherche de clients potentiels.

Les femmes prostituées sont ainsi «concurrencées par de nombreux garçons et jeunes hommes dans l’exercice le plus vieux du monde», rappelle le site marocain Yabiladi.

La prostitution masculine n’est pas un phénomène nouveau mais autrefois, le «métier» se pratiquait à l’abri des regards pour des raisons sociales et de morale.

Clients et prostitués se rencontraient habituellement dans les cabarets, les boîtes de nuits, les bars ou bien les hôtels.

Aujourd’hui, à la suite des revendications sur les libertés sexuelles au Maroc, les travailleurs du sexe n’hésitent plus à investir les trottoirs.

Selon le reportage d’Afrik.com, Casablanca, une fois la nuit tombée, «change totalement de facette».

Le boulevard Rachidi et le parc de la Ligue Arabe, connus comme étant «les endroits publics des hommes qui aiment les hommes» sont assiégés d’hommes en quête d’une aventure d’un soir.

Ils ne sont pas tous homosexuels. Du SDF (sans domicile fixe) en quête d’un repas chaud au drogué en manque, en passant par de simples hétérosexuels en quête d’un gagne-pain, les prostitués du boulevard Rachidi et du parc de la Ligue Arabe sont aussi divers que nombreux.

Interrogé par Afrik.com  au sujet du modus operandi de la prostitution sur le boulevard Rachidi, Samir, un habitué du coin, donne quelques détails:

«le prix se fixe très rarement à l’avance»

«Soit on s’isole dans un coin sombre et désert de la ville et là le client donne plus ou moins ce qu’il veut à la fin, soit je négocie le prix avant de faire quoi que ce soit».

Toutefois, se prostituer dans les rues n’est pas sans risque au Maroc. Outre la police qui patrouille souvent, en civil, la violence entre clients et prostitués n’est pas rare.

«Il arrive que des clients ne paient pas et deviennent agressifs voire violents. Des rixes peuvent avoir lieu à tout moment. Certains clients ne donnent que 20 dirhams (2 euros) alors que la moyenne est de 50 dirhams (presque 5 euros). Et même si la somme paraît peu, elle permet pour certains de payer un loyer, de se nourrir ou encore d’acheter de nouveaux habits car nombreux sont ces hommes qui ont quitté le domicile familial pour diverses raisons», a confié ce même Samir.

Lu sur Yabiladi, Afrik.com

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