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Marine Le Pen atomisée par son père

Jean-Marie Le Pen a encore frappé. Et une fois de plus, les sorties du père embarrassent la fille, cette fois ci, directement visée.

Dans un entretien accordé au Times, repris par le gratuit 20 minutes, celui qui fonda le parti d’extrême droite français, il y a tout juste quarante ans, qualifie sa fille Marine de «petite bourgeoise». Ambiance, chez les Le Pen.

C'est un coup dur pour Marine Le Pen, qui s’est employée à paraître proche des préocupations des Français lors de la campagne présidentielle et celle des législatives.

Une stratégie payante, qui l’avait vu rafler 18% des suffrages exprimés. Un million d’électeurs en plus que son géniteur.

A 84 ans, Jean-Marie Le Pen explique pourquoi, selon lui, sa fille séduit plus que lui. Argumentation, amalgame et sexisme lepéniste garanti.

«Je suis un homme du peuple. Je viens d'une famille de paysans et de pêcheurs (...) J'ai été officier dans un régiment de parachutistes, j'ai eu une vie virile, c'est le moins que l'on puisse dire. Ma fille, quoi qu'elle puisse en dire, est une petite bourgeoise.»

Marine Le Pen appréciera. Mais l’argumentaire de son père ne s’arrête pas là. Florilège.

«Mon image de diable s'est méthodiquement et avec ténacité imposée dans le monde politique français. Ma réputation d'antisémite a été créée artificiellement», déclare-t-il au Times.

Avant d'ajouter qu’aux yeux de «l’élite parisienne», sa fille a plus de succès que lui. La raison? «C’est une femme», lâche-t-il.

Le paternel s'en prend à la stratégie de «dédiabolisation» du parti, lancée par sa fille. Et déplore l’exclusion des membres du FN les plus radicaux.

«La stratégie de Marine est de fournir à nos adversaires le moins d'angles d'attaque possibles. Par exemple, tous ces courageux et dynamiques militants qui se sont faits remarquer parce qu'ils avaient le crâne rasé ont été écartés», confie-t-il au Times.

En une phrase, Jean-Marie Le Pen atomise la stratégie de sa fille. Plus question de donner une image lisse et policée du parti extrémiste. Le paternel exige un retour aux fondamentaux.

Car, selon lui, le Front national n’a pas changé. La défense de l’Etat-nation prime, surtout contre les «vagues déferlantes» des musulmans, que Jean-Marie Le Pen se complaît à dénoncer.

La faible démographie européenne serait un «handicap mortel», qui ferait des Européens des esclaves. Aux mains de l’Islam, forcément.

L’ancien chef du Front national s’explique.  

«Le maître sera l'Islam. Si les islamistes deviennent majoritaires en France, ce sera la Charia.»

Du Jean-Marie Le Pen dans le texte.

Lu sur 20 minutes

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