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Afrique de l'Ouest - Ces maris plus dangereux que des hommes en armes

«Dans les pays d’Afrique de l’Ouest affectés par les conflits, les femmes ont plus à craindre de leur conjoint que d’un homme en armes.»

Ce constat troublant ressort d'un rapport de l’International Rescue Committe (IRC) décortiqué par Irin News, un site d'information des Nations unies, le 5 juillet 2012.

L'étude intitulée «Je ne veux pas mourir avant mon heure. La violence domestique en Afrique de l’Ouest» montre une réalité encore taboue sur le continent: l'ampleur des violences physiques et morales subies par les femmes dans leurs propres foyers.

Mariam Kamara, chargée de la communication pour le bureau auxiliaire régional d’ONU Femmes en Afrique de l’Ouest, l’a déploré auprès du site d’Irin:

«La violence domestique, c’est comme le diabète. C’est une maladie qui tue et provoque des dommages, mais l’on manque d’informations sur le sujet.»

La Côte d’Ivoire, le Liberia ou la Sierra Leone sont particulièrement visés par ce rapport, car les violences conjugales ont tendance à augmenter en période de conflit.

Reste que selon le rapport: 

«le premier danger pour une femme n’est pas un homme en armes ou un inconnu, c’est son mari».

La pression sociale contribue également à enraciner de telles violences, puisqu'il est difficilement accepté dans les sociétés sub-sahariennes qu'une femme puisse se rebeller contre son mari.

La tendance est davantage à taxer la femme d’un «mauvais comportement» plutôt que de condamner la violence perpétuée sous son toit.

Au Sénégal par exemple, l’adoption d’une loi en 1999 pour condamner les violences conjugales n’a pas suffi à faire changer les mœurs. C'est ce qu’explique Benjamin Ndeye, directeur d’une organisation publique médiatrice dans ce type de conflits.

«Dans la société sénégalaise, il est très important qu’une femme soit mariée. Si une femme envoie son mari au tribunal, alors il est dit qu’elle n’est pas une bonne épouse (…) Je n’ai jamais vu un mari violent être condamné à une peine de plus de deux mois avec sursis. Les femmes sont souvent confrontées à des juges qui tendent à favoriser l’unité familiale.»

Lu sur Irin, Rescue.org

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