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Nigeria: obsèques des manifestants chiites tués par les forces de l'ordre

Les partisans d'un groupe chiite radical ont commencé mercredi à enterrer leurs morts après des manifestations brutalement réprimées par l'armée cette semaine, a constaté l'AFP.

Le Mouvement islamique du Nigeria (IMN) affirme que 49 personnes sont mortes au cours de trois manifestations depuis samedi, alors que l'armée maintient un bilan de six morts.

Les forces de l'ordre ont tiré à balle réelle sur des membres de l'IMN qui manifestaient aux abords de la capitale fédérale Abuja, pour réclamer la libération de leur leader, Ibrahim Zakzaky, emprisonné depuis près de trois ans.

Dans le village de Mararaba, Etat de Nasarawa, voisin du territoire fédéral d'Abuja, des familles endeuillées se sont rassemblées mercredi pour préparer les funérailles de leurs proches.

"Ce sont les victimes que l'armée nigériane a attaquées lundi au poste de sécurité de Kugbo sur la route d'Abuja", a déclaré Abdullahi Mohammad Musa, membre de l'IMN, à l'AFP. "Nous enterrons 24 victimes." 

Six autres personnes ont déjà été enterrées plus au nord, dans la ville de Zaria, a déclaré le porte-parole de l'IMN, Ibrahim Musa qui assure qu'un total de 49 personnes ont trouvé la mort en quatre jours. 

"Nous nous sentons mal, nous nous sentons lésés, nous sommes opprimés", a-t-il dit.

La répression musclée des membres de l'IMN fait craindre à certains observateurs une escalade de la violence, voire un scénario à la Boko haram, le groupe jihadiste qui mène depuis 2009 une sanglante insurrection dans le nord-est du pays.

La répression violente de l'armée, puis l'assassinat du fondateur de Boko Haram, Mohammed Yusuf, avait largement incité ses partisans à prendre les armes.

L'armée a de son côté assuré que les manifestants avait attaqué ses hommes: "Ils ont rencontré les soldats dans l'exercice de leur devoir et les soldats ont essayé de se défendre", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la Défense, John Agim.

L'armée a annoncé mardi avoir arrêté près de 400 manifestants de l'IMN au cours de ces manifestations.

Le leader de l'IMN, Ibrahim Zakzaky, est emprisonné depuis les violentes manifestations qui ont secoué Zaria (nord) en décembre 2015. Des groupes de défense des droits de l'homme avaient alors accusé les militaires d'avoir tué plus de 300 chiites et de les avoir ensuite enterrés dans des fosses communes, ce que l'armée a démenti.

Depuis son arrestation, Zakzaky, qui a perdu un oeil dans les violences de 2015, n'a été vu en public que deux fois.

Fin 2016, un tribunal fédéral avait jugé la détention du leader chiite illégale et ordonné sa libération. Mais cette décision n'a jamais été exécutée.

AFP

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