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JO 2012 - Le calvaire des athlètes somaliens

La Somalie espère envoyer deux athlètes aux Jeux Olympiques de Londres. Une femme, Amal Mohamed Bashii et un homme, Mohamed Hassan Mohamed.

The Guardian retranscrit, à travers le témoignage de ces deux jeunes, le calvaire des sportifs somaliens.

Amal Mohamed Bashii a 18 ans. La jeune femme vit à Mogadiscio. Elle livre au Guardian sa condition d’athlète féminine lorsque les shebabs occupaient la capitale somalienne.

«Je recevais de nombreuses menaces, des coups de téléphones de personnes qui voulaient me tuer. J’ai dû m’entraîner dans une salle de basketball en changeant souvent de nom», confie-t-elle.

Des conditions d’entraînement difficiles pour une athlète qui aspire à participer aux 200 et 400 mètres.

Mohamed Hassan Mohamed vit aussi à Mogadiscio. Comme sa compatriote, le jeune homme de 19 ans et est un «passionné» de course. Lui, espère se qualifier pour les 1.500 et les 5.000 mètres. Mais il y a trois mois, le jeune athlète a bien failli laisser son rêve de côté.

Le 4 avril dernier, une bombe explose dans la capitale somalienne. Parmi les victimes, le chef du comité olympique somalien et le directeur de la fédération nationale de football.

«Je me suis dit qu’il n’était plus question pour toi d’être un athlète en Somalie à cause du danger que cela représente», explique le sportif.

Grâce aux encouragements de son entraîneur et de ses proches, le jeune homme reprend du service.

«J’ai décidé de poursuivre car j’essaie de servir la réputation de mon pays. Je cours pour la Somalie», affirme-t-il au Guardian.

Si les shebabs ont quitté Mogadiscio en août dernier, les attaques à la bombe continuent.

Les rues ont beau être plus calmes, les conditions d’entraînement restent délicates. Parfois même spartiates. 

«Les athlètes somaliens ne bénéficient pas des mêmes moyens que leurs adversaires», relate the Guardian.

Pour des sportifs, leur alimentation est plutôt frugale. Au menu, viande et lait de chameau, œufs, riz ou spaghettis. Ici, impossible de trouver des boissons énergisantes, breuvages phares de la plupart des athlètes internationaux.

Les mentalités posent aussi parfois problème. Surtout pour Amal Mohamed Bashii. Car à Mogadiscio, une femme athlète, ça choque encore.

«Certains passants m’encouragent et m’applaudissent. D’autres me demandent «pourquoi? Tu es une femme. Pourquoi ne retournes-tu pas te coucher et dormir? Les femmes n’ont pas besoin de faire un travail si éprouvant

La jeune femme rit de ces commentaires et affirme rétorquer aux mécontents «être une femme mais être aussi une athlète».

«Je serai tellement fière en tant que somalienne de porter le drapeau de mon pays», confie-t-elle au Guardian.

Avec l’espoir de pouvoir un jour «changer le regard que le monde porte sur la Somalie.»

«Car la Somalie est vue comme un pays de guerre, où le développement n’existe pas».

Lu sur The Guardian

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