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Mali - Ansar Dine, islamistes destructeurs de mosquée à Tombouctou (VIDEO)

Les islamistes d’Ansar Dine ont encore frappé. Après avoir saccagé sept mausolées de saints musulmans, le week-end du 30 juin au 1er juillet, à Tombouctou, c’est la mosquée Sidi-Yahia qui a été, cette fois-ci, la cible de ces fondamentalistes djihadistes qui sont devenus maîtres du Nord Mali.

Le 2 juillet, au matin, les «défenseurs de la religion» (Ansar Dine) sont venus armés de pioches et ont commencé à détruire la mosquée en brisant sa porte sacrée, sous les yeux ébahis et tristes des habitants qui observaient la scène.

«Ils ont arraché la porte sacrée qu'on n'ouvrait jamais», se sont indignés plusieurs habitants de Tombouctou.

En effet, vieille de 6 siècles, la porte sacrée de la mosquée Sidi-Yahia devait rester fermée jusqu’à la fin du monde. Depuis le XVe siècle, personne n’avait osé transgresser cet interdit, rappelle Libération.

En détruisant ce lieu saint, Ansar Dine avait à cœur de répondre à l’Unesco qui a inscrit, le 28 juin, Tombouctou sur la liste du patrimoine en péril.

Un obscurantisme religieux qui a provoqué un véritable tollé au sein de la communauté internationale.

Le 1er juillet soir, avant même la démolition de la porte sacrée, Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale (CPI) avait menacé de considérer la destruction des mausolées comme «un crime de guerre» et de poursuivre les responsables devant la justice internationale.

De même, l’Unesco et l’Organisation de coopération islamique (OCI) ont dénoncé ces attaques.

Depuis trois mois, Tombouctou, situé au Nord-Mali, est contrôlé par ces «talibans du Sahel » qui ont chassé les indépendantistes Touaregs et installé leurs quartiers.

Dans cette ville, ils imposent la charia. L’alcool, les cigarettes, la musique et l’adultère sont prohibés. Les femmes doivent être voilées.

Et pour quiconque ne respecterait pas ces règles, serait puni de cent coups de fouet.

Le 20 juin, un jeune couple, coupable d’avoir eu un enfant hors mariage, avait été violemment fouetté sur la place publique.

BBC Afrique compare les actes de ces islamistes à ceux des talibans d’Afghanistan quand ces derniers avaient détruit, à l’explosif, des bouddhas millénaires de Bamiyan, en 2001, au nom de la loi islamique.

Lu sur Le Monde, Libération, BBC Afrique

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