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Membre des shebabs, Elasha, sud de Mogadiscio, 13/02/2012, REUTERS/Feisal Omar
Membre des shebabs, Elasha, sud de Mogadiscio, 13/02/2012, REUTERS/Feisal Omar

Kenya: les shebabs adoptent la méthode Boko Haram

Les islamistes somaliens sont pointés du doigt dans les récents attentats contre des lieux de culte chrétiens. Un mode opératoire analogue à celui des terroristes nigérians.

Mise à jour du 4 novembre 2012:  Sept personnes, dont des policiers, ont été blessées  dans une attaque à la grenade contre une église dans l'est du Kenya, dans une région frontalière de la Somalie, indique l'AFP, qui mentionne des sources policières.

***

La représentation diplomatique américaine à Nairobi ne s’était pas trompée. Elle a donné l’alerte sur la possibilité d’attentats terroristes dans la ville kényane de Mombassa, entre le 23 juin et le 1er juillet 2012.

Un attentat a eu lieu le 1er juillet 2012, avec des grenades qui ont explosé dans un bar, faisant trois morts.

Des attentats signés shebab

Par contre, ce que les Yankees n’ont, sans doute, pas vu venir, ce sont les attentats dans la ville kényane de Garissa, à l’est de la frontière avec la Somalie.

Là-bas, la journée a été particulièrement sanglant. Deux églises ont été simultanément attaquées et dix-sept personnes, qui y suivaient le culte dominical ont été tuées par l’explosion de grenades ou abattues dans la fusillade. C’est la consternation.

Pour être frontalière avec la Somalie, cette ville est constamment l’objet d’attentats depuis l’engagement militaire du Kenya en Somalie en octobre 2011.

Des attentats jamais revendiqués, mais dont on sait qu’ils sont l’œuvre des shebabs, ces islamistes somaliens en guerre contre le pouvoir établi à Mogadiscio pour le contrôle du pays.

Comme les fois précédentes, les attentats du 1er juillet n’ont pas été revendiqués jusque-là. Comme les fois précédentes également, un doigt accusateur est pointé sur les shebabs.

Les églises visées à présent

Mais contrairement aux autres attentats, c’est la première fois que des lieux de culte, notamment des églises, sont visées aux heures du culte. En effet, qu’il s’agisse de cette ville, de Mombassa ou de la capitale Nairobi, les cibles étaient autres que des églises.

Les représailles contre l’engagement militaire kényan chez son voisin sont, sans doute, en train de prendre une dimension religieuse avec les attentats dans la ville frontalière. Ce qui rend encore plus suspects les shebabs comme auteurs de ces actes lâches.

En effet, ces islamistes, qui n’ont rien compris à la religion musulmane qui est d’essence pacifiste, tolérante et ouverte aux autres croyances monothéistes, puent la haine de tout ce qui leur est différent.

Jusque-là, ils n’avaient, peut-être, pas eu l’occasion de démontrer leur intolérance religieuse car la Somalie, leur terrain de combat, est un pays musulman. Le Kenya leur a offert l’opportunité de casser du chrétien et ils n’ont pas hésité à le faire.

Sur les traces de Boko Haram

En la matière, les shebabs sont en train de prendre le chemin de la secte nigériane Boko Haram qui est devenue la terreur des chrétiens vivant dans les Etats islamiques du Nord-Nigeria.

Là-bas, c’est la peur au ventre que les fidèles vont au culte du dimanche avec les attentats à répétition contre les églises. Ces maisons de Dieu sont devenues des lieux de mort; on y entre vivant avec beaucoup de chances d’en ressortir les pieds devant.

Apparemment, c’est la même psychose que les shebabs veulent instaurer au Kenya en s’en prenant maintenant aux églises.

Si le Kenya n’y prend garde, ces fous de Dieu risquent d’atteindre leur objectif qui est de vider les églises. Certes, chaque fidèle veut aller au paradis, mais personne n’est prêt à défier ouvertement la mort.

Séni Dabo (Le Pays)

 

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Séni Dabo

Journaliste au quotidien burkinabè Le Pays.

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