SlateAfrique

mis à jour le

Soudan - Ces «enfants perdus» en route pour leur survie

Au Soudan, l’histoire se répète et se ressemble: la tragédie des enfants perdus qui fuyaient la guerre civile pendant les années 90 est loin d’être terminée.

C’est ce que nous raconte le New-York Times dans un article du 30 juin 2012:

«Des centaines d’enfants non accompagnés sont en train de quitter une région rebelle et isolée du Soudan, fuyant de récents assauts aériens et la menace de la famine.

Envoyés par leurs parents dans une terrible odyssée à travers des champs de bataille et des marécages infestés par le paludisme, les enfants répètent un des chapitres les plus sordides de l’histoire soudanaise: la dangereuse fuite des prétendus "Lost boys" (garcons perdus) pendant la guerre civile des années 90, qui ont parcourus des centaines de kilometres en évitant les milices, les bombardiers et les lions.»

L’exil ici évoqué a comme point de départ les montagnes de la Nuba, au sud, dont les habitants ont déserté les villages et les champs à cause des bombardements de l’armée. Le site new-yorkais l’explique ainsi :

«Le bain de sang à Nuba est initié par certains des responsables de massacres précédents, tel le président Omar Hassan el-Béchir au pouvoir depuis 1989 et Ahmed Haroun, gouverneur de l’Etat qui regroupe les montagnes de la Nuba. Chacun est recherché par la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité dans les massacres du Darfour, et Béchir également pour génocide.»

La plupart des enfants qui fuient les conflits prennent la route du sud et atterrissent au camp de réfugiés de Yida au Soudan du Sud, à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Espérant y trouver de quoi se nourrir et s'instruire, ils vont vite déchanter: les réfugiés arrivent chaque jour par centaines, et le camp, situé à proximité d’une zone militaire, a déjà été bombardé.

Cette nouvelle génération d’enfants perdus montre que la scission entre le nord et le sud du Soudan n’a pas permis de pacifier une région ensanglantée par des guerres intestines depuis des décennies.

Alors que des pays tel que la Somalie sont en bonne voie pour mettre un terme à une guerre civile vieille de vingt ans, le Soudan s’enfonce chaque jour un peu plus dans des violences qui font fuir sa population, ses enfants (vous pouvez consulter un album photo sur les exilés soudanais ici).

Haidar Musa, jeune Soudanais de 14 ans vivant dans le camp de Yida, a livré au New-York Times sa vision sombre de la réalité: 

«Nous ne parlons plus du tout de nos parents. Même si nous rentrions, nous ne trouverions personne.»

Lu sur The New-York Times

A lire aussi

Soudan : Comment dégager Omar el-Béchir? 

La guerre du pétrole soudanais

Les deux Soudan vont-ils de nouveau rentrer en guerre?