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Le cinquantenaire de l’indépendance intéresse peu les Rwandais

A part quelques déclarations fracassantes du président Paul Kagamé, à l’endroit de la communauté internationale, c’est dans une grande discrétion que les Rwandais célèbrent le cinquantième anniversaire de l’accession de leur pays à l’indépendance (le 1er juillet 1962). C’est, en tout cas, ce que fait savoir l’agence de presse Syfia, basée dans la région des Grands Lacs.

En effet, indique Syfia, rien n’a été fait pour marquer l’événement d’une pierre blanche:

«Pas de nouveau monument ou nouvelle route dédiés au 50e anniversaire de l’indépendance du Rwanda, le 1er juillet 2012.»

Les Rwandais ont semblé peu concernés par cette date qui marque pourtant la fin de la colonisation par la Belgique. Une ambiance qui a épousé les propos tenus par Paul Kagamé dans les colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique, en mai 2012, lesquels laissaient entendre que cet anniversaire se célébrerait sans grande pompe.

«Ce sera une journée de réflexion, pas une occasion de festivités ou de dépenses publiques incontrôlées», avait averti Kagamé.

Mais, selon Syfia, cet argument cache mal le fait que les tous gouvernements au Rwanda ont préféré, pour célébrer la fête nationale, la date de leur prise de pouvoir à celle qui rappelle la fin de la colonisation:

«A chaque régime, son indépendance. La date de la prise du pouvoir a toujours primé sur celle de l’indépendance. Avant le génocide, et durant 19 ans, le régime accordait une très grande importance au 5 juillet, jour de la prise du pouvoir par un coup d’Etat militaire. Seul le premier gouvernement indépendant était attaché au 1er juillet, qui lui avait permis d’accéder aux commandes du pays.»

Ainsi, la véritable grande fête nationale, depuis 18 ans, est le 4 juillet. Cette date bien ancrée dans la mémoire des habitants du Rwanda, marque selon les termes du ministre de l’Administration locale rwandais «la libération du Rwanda des forces génocidaires» (entendez, la prise de Kigali par les troupes des Forces patriotiques rwandaises, FPR de Paul Kagamé, Ndlr).

Ce qui fait donc dire à un politologue rwandais iterviewé par Syfia que ce 1er juillet est «presqu’un non-événement, car tous les Rwandais n’en partagent pas la même conception».

Lu sur Syfia

 

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