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Tunisie - Leïla Trabelsi «optimiste» pour son pays

«Je ne parle pas d'émeutes. Pour moi, il s'agit d'un coup d'Etat orchestré, téléguidé, préparé, mais dont j'ignore les commanditaires. Je ne crois pas du tout au scénario d'une révolution spontanée née d'une contestation de la jeunesse.»

C’est le nouveau coup de gueule de Leïla Trabelsi, l’épouse de l’ex-dirigeant tunisien Ben Ali. Dans dans une interview via webcam accordée au journal Le Parisien, elle se dit «optimiste» pour la Tunisie. C’est ce que fait savoir l’hebdomadaire Le Journal du dimanche.

«Je souhaite que la Tunisie retrouve le chemin de la prospérité», poursuit-elle.

Réfugiée avec son mari en Arabie Saoudite, Leila Trabelsi continue donc de suivre de près l'actualité tunisienne.

La femme de Zine el-Abidine Ben Ali réfute que son mari a donné l'ordre de tirer sur la foule lors des manifestations, faisant 300 morts.

«Jamais! Pour le prouver, l'avocat de mon mari a demandé que les enregistrements des communications entre le président et les ministres de l'Intérieur et de la Défense soient remis à la justice. Etonnamment, le gouvernement transitoire a refusé», précise-t-elle.

A la question «aurait-il fallu plus de libertés politiques», la femme la plus haïe du pays répond laconiquement «Oui, j'en conviens.»

Mais, cette semi-repentance ne remplace pas les propos très durs qu’elle a tenus dans son livre Ma vérité. Une autobiographie écrite avec l’aide de l’éditeur Yves Derai, à partir d’une série d’interviews réalisées par Skype. Car, il était impossible pour Yves Derai de se rendre dans la prison dorée saoudienne, où sont assignés à résidence Leïla Trabelsi et son mari.

Sur les événements de la révolution de jasmin, qui a conduit à la chute du régime de Ben Ali, le 14 janvier 2011, Leïla Trabelsi n’y va pas par quatre chemins:

«Une manipulation machiavélique qui va bien au-delà d’une simple révolution de palais.»

Puis elle pointe un doigt accusateur sur ces «traitres» qui étaient des «relais des services de renseignements étrangers»

La France n’est pas épargnée dans ce «réquisitoire». Les services français «n’ont pas été un moteur» mais, «une mauvaise conscience, sur le tard, aurait servi à rattraper le coup de façon spectaculaire», peut-on encore lire dans ces extraits produits par le JDD.

Enfin, Leïla Trabelsi parle de son propre rôle dans toute cette affaire. Elle considère dans Ma vérité que son rôle pendant le régime de Ben Ali a été «exagéré». Elle semble reconnaître son influence pendant la dictature, mais dit ne pas supporter d’être érigée en «bouc émissaire» de la révolution.

Lu sur Le Journal du dimanche

 

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