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Mali - Les bourreaux du camp de Kati (VIDEO)

«Coupez les couilles de leurs pères.

C'est pour le Mali. Si tu meurs pour le Mali, tu as tout perdu!

Moi je filme. Tirez-le comme un chien! Tirez-le, tirez-le comme un chien!

Tu connais Dieu, toi?»

Ces phrases choquantes sont l’œuvre de soldats de l’ex-junte malienne traduites du bambara (langue nationale).

Elles sont issues d’une vidéo scabreuse mise en circulation sur Internet depuis le 24 juin.

D’après les observateurs de France 24 à Bamako, la vidéo aurait été tournée du téléphone portable de l’un des putschistes maliens, dans le camp de Kati, près de Bamako.

On y voit des hommes ligotés à l’arrière d’une voiture et d’autres traînés et battus à coup de pieds, nus à même le sol, quelques mètres plus loin.

Toujours selon France 24, ces images choquantes auraient été tournées juste après les affrontements entre les ex-putschistes (bérets verts) et les bérets rouges (militaires de la garde rapprochée de l’ancien président Ahmadou Toumani Traoré (ATT)).

Le 30 avril dernier, les forces loyales à ATT ont tenté en vain d’attaquer les anciens putschistes en trois points stratégiques que ces derniers occupaient depuis le coup d’État du 22 mars (la radio-télévision d’Etat, le camp de Kati et l’aéroport), rappelle France 24.

Dès le 1er mai, forts de leurs succès, les putschistes ont lancé une véritable chasse à l’homme à Bamako, traquant les bérets rouges jusqu'à leur domicile.

Amadou, sous couvert de l’anonymat, est le petit-frère d’un officier de l’armée malienne retenu au camp de Kati.

«Nous étions tous à la maison avec mon frère lors des événements des 30 avril et 1er mai, quand les bérets verts et les bérets rouges se sont affrontés dans Bamako. Mais le 4 mai, un supérieur de la junte a appelé mon frère par téléphone, l’accusant d’avoir participé au contre-coup d’Etat, et il lui a donné rendez-vous en centre-ville. Mon frère s’y est rendu et s’est fait embarquer pour Kati. A partir de ce jour, on a envoyé quelqu’un quotidiennement demander de ses nouvelles mais nous avions interdiction de le voir», a-t-il confié aux observateurs de France 24.

De nombreuses ONG sont montées au créneau en apprenant la détention de ces fidèles à ATT et ont dénoncé des traitements inhumains.

Quant aux avocats des détenus, ils ont demandé un transfert vers le camp de la gendarmerie de Bamako.

Lu et vu sur France 24

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