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La démographie ne doit pas servir de prétexte au Nigeria
La stigmatisation de la forte natalité au Nigeria ne doit pas devenir l'arbre qui cache la forêt. Les vrais problèmes sont ailleurs.
Mise à jour du 7 juillet: Des explosions et des tirs ont retenti vendredi 6 juillet au soir, dans la ville nigériane de Damaturu (nord-est), située dans une région en butte aux attaques du groupe islamiste Boko Haram, selon la police.
Dans le passé, les islamistes de Boko Haram ont lancé une série d'attaques dans la ville, prenant pour cibles surtout les forces de sécurité. Mais parfois les affrontements sont aussi partis d'une unité spéciale de l'armée lorsqu'elle menait des opérations pour débusquer les extrémistes dans leurs caches à Damaturu.
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Pendant que la nébuleuse djihadiste, Boko Haram, achève de transformer une partie de son pays en un «no man’s land», Goodluck Jonathan pointe du doigt le baby-boom qu’il dit être la cause du malheur nigérian.
Mardi dernier en effet, le président nigérian a appelé ses concitoyens à limiter le nombre de naissances dont l’exagération, s’il permet une interprétation de ses propos, fausse les politiques publiques de développement et met à rude épreuve la cohésion sociale.
Ne pas détourner l’attention des vrais problèmes
A priori, inviter ses populations à limiter les naissances en vue d’une gestion planifiée des ressources disponibles est plus que salutaire. Mais est-ce un combat prioritaire dans un Nigeria mis en lambeau par des islamistes qui sèment chroniquement ruines et désolations?
A moins que le pouvoir central vive dans un mythe de caverne, l’évidence s’impose: le pays brûle, surtout dans sa partie septentrionale et il devrait se comporter en soldat du feu plutôt qu’en donneur de leçon de morale à l’ensemble des Nigérians.
Décidément, comme à une bouée de sauvetage, Goodluck et son staff s’accrochent à des faits divers, comme pour faire oublier aux Nigérians leurs problèmes basiques.
L’on se souvient que, comme si le Nigeria était un fleuve qui suit, tranquille son cours, Goodluck s’était rendu à Rio, au sommet sur l’environnement, du 20 au 22 juin 2012, pendant que Boko Haram faisait des hécatombes à Kano et dans bien d’autres localités.
La démographie n’explique pas tout
Certes, le problème de la démographie au galop dont parle le président nigérian est réel. Il y a souvent un fossé abyssal entre les ressources disponibles des pays africains et les hommes pour se les partager.
Mais, de toute évidence, imputer le sous-développement avec son cortège de crises sociopolitiques à la seule pression démographique n’est qu’une fuite en avant.
Si l’accélération de la croissance économique d’un pays africain était nécessairement dépendante du nombre d’habitants, le Gabon et la Guinée équatoriale seraient devenus des dragons du continent noir.
Ces pays regorgent des ressources naturelles exponentielles avec des populations réduites. Pour autant, les populations de ces pays croupissent dans la misère.
Les explications sont ailleurs
A contrario, l’Inde et la Chine connaissent un peuplement exponentiel mais négocient bien leurs places dans le concert des nations.
Au demeurant, la théorie malthusienne et ses accrocs ont été battus en brèche, eux qui prônent un certain équilibre naturel pour le salut des vivants.
A la vérité, sous les tropiques africains, le retard économique des pays trouve ses explications ailleurs.
C’est souvent l’incapacité des dirigeants à occuper leurs bras valides qui pose tout le problème du sous-développement du continent noir.
Boulkindi Couldiati (Le Pays)
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