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Côte d'Ivoire/municipales: tension et contestation autour des résultats du Plateau

Bagarre devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI), tirs de lacrymogènes, cortège de protestation : la tension montait dimanche à Abidjan où les résultats de l'élection municipale au Plateau n'ont toujours pas été annoncés officiellement mais font l'objet de contestation. 

D'autres incidents autour de ce scrutin auquel concouraient 22.000 candidats à travers le pays ont eu lieu, alors que la CEI annonce des résultats au compte-gouttes.

Le Plateau, quartier des affaires d'Abidjan et commune la plus riche du pays, cristallisait une bonne partie des tensions. Les huit centres de vote ont procédé au dépouillement avant minuit samedi soir, mais la CEI tarde à donner le résultat global.

Le scrutin oppose Fabrice Sawegnon, candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), spécialiste de la communication qui a orchestré les campagnes de plusieurs chefs d'Etat africains, et le discret mais bien implanté Jacques Ehouo, du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), formation anciennement alliée au RHDP mais qui a claqué la porte de la coalition gouvernementale il y a deux mois.

Le PDCI estime qu'il a gagné avec 3.000 voix d'avance alors que le RHDP se dit vainqueur avec 2.000 voix d'avance. 

Selon des pointages partiels effectués samedi soir par l'AFP ainsi que par des observateurs indépendants, Jacques Ehouo semblait être en tête. Mais samedi soir, la CEI du Plateau n'a pas procédé à la compilation des voix en raison de l'absence mystérieuse de ses deux présidents. Les partisans du PDCI sont restés toute la nuit dans ses locaux  pour veiller sur les urnes, dans une tension palpable.

Dimanche matin, ces urnes suivies par de nombreux partisans du PDCI ont été transportées à la CEI départementale au nord-est d'Abidjan, où les forces de l'ordre ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

- Bagarre et manifestation - 

Puis en début d'après-midi, lors de la compilation, la CEI, sans proclamer de résultats, a semblé donner la victoire à M. Sawegnon, malgré les vives protestations des représentants de M. Ehouo et sous les regards circonspects d'observateurs de l'Union européenne.

Le litige porte sur le fait que M. Ehouo est en tête dans pratiquement tous les bureaux, où le taux de participation avoisinait les 20%, alors que M. Sawegnon ne remporte qu'un seul lieu de vote, celui de la Chambre de commerce, où le taux de participation avoisine les 90%.

"Nous avons noté plusieurs irrégularités", a souligné un avocat de M. Ehouo, Me Igor Djè. Les procès-verbaux ne "sont pas les mêmes que ceux signés par nos représentants" et il "y a des écarts en ce qui concerne le nombre de votants" et les bénéficiaires des votes, indique-t-il. L'avocat a souligné que le PDCI allait déposer des recours.  

A l'extérieur de la CEI, une bagarre a eu lieu entre des représentants de chaque partie. Alertés par téléphone, 2 à 300 personnes ont alors manifesté dans les rues du Plateau, aux cris de "Ehouo a gagné"  . 

"On vient réclamer notre victoire. On ne veut pas se laisser voler notre victoire. Si c'est comme ça, le pays va brûler!", a affirmé à l'AFP un des manifestants, Serge Abeto, très remonté. "On était là toute la journée, on a sillonné tous les bureaux. C'est du vol!". 

- Test avant la présidentielle -

Joint par l'AFP dimanche matin, M. Sawegnon avait catégoriquement réfuté les allégations de fraude.

"On a identifié des bureaux où il y a eu des irrégularités, et là il y a eu refus de signer" les PV, a-t-il expliqué. "On est légalistes, on attend les arbitrages de la CEI", a-t-il assuré, réfutant également toute man½uvre d'intimidation de la part de ses partisans.

Selon des observateurs électoraux s'exprimant sous couvert d'anonymat, des représentants de M. Sawegnon ont refusé samedi soir de signer des procès-verbaux dans des bureaux de vote où leur candidat était battu.

Par ailleurs, des incidents ont eu lieu dans plusieurs autres endroits du pays. 

La CEI de Diabo (20 km à l'ouest de Bouaké, centre) a été pillée et saccagée dimanche par des jeunes qui contestaient les résultats du scrutin de cette petite commune, a constaté un journaliste de l'AFP qui a vu des urnes cassées, des ordinateurs détruits et des vitres brisées. 

Dans cette localité, c'est un élu du PDCI qui a été déclaré vainqueur aux dépens d'un indépendant. 

A Tiebissou (40 km au nord de Yamoussoukro, centre), des jeunes ont dressé des barrages sur la route pour protester contre la victoire du RHDP sur un indépendant. 

Les élections municipales et régionales constituaient un test avant le scrutin présidentiel de 2020, déjà dans toutes les têtes.

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