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Nigeria - Goodluck Jonathan peut-il venir à bout de Boko Haram?

Le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a-t-il perdu sa chance ainsi que ne l’indique pas son nom Goodluck (bonne chance).

Peu après son élection, la secte islamiste Boko Haram n’a fait qu’intensifier ses activités à travers des attentats à la bombe tous azimuts dans le pays.

Principaux visés: les chrétiens du nord du pays hormis les institutions du gouvernement et les forces de sécurité. Ces dernières ont d’ailleurs récemment lancé une grande offensive contre les islamistes au nord, tuant ainsi plusieurs d’entre eux, dont Bama, le cerveau de l’attaque à la bombe de l’église catholique Sainte Theresa de Madalla dans l’Etat de Niger le jour de Noël 2011.

Le journal Tell indique que:

«D’après des sources sécuritaires, Bama est tombé dans la nasse à Damaturu à cause du couvre-feu imposé dans la ville.

Il essayait d’utiliser un créneau pour faire des emplettes quand il a été aperçu par un membre d’une cellule d’opération qui l’a connu quand il était dans l’armée, pendant qu’il achetait des ignames, des tomates irlandaises et des sachets d’eau.

Se voyant encerclé par des soldats, Bama a essayé de saisir une arme et se battre pour se frayer une sortie mais il a été submergé par la riposte et arrêté. Il était en train d’être soigné de ses blessures quand il est décédé le vendredi dernier (22 juin, ndlr)».

Le président Goodluck Jonathan ne sait manifestement plus à quelle chance, du moins à quel saint se vouer pour débarrasser le Nigeria de la vermine des islamistes de Boko Haram. Le 22 juin dernier, il a limogé son conseiller pour la sécurité et son ministre de la Défense en raison des résultats peu probants dans la lutte contre Boko Haram. Il avait en effet promis le 27 mars de venir à bout des activités de cette secte islamiste dans trois mois. 

Newswatch souligne que: «Le militant du groupe islamiste a immédiatement réagi à la prédiction du président d’en finir avec ses activités dans trois mois.

Dans une vidéo enregistrée, Abubakar Shekau, le leader spirituel du groupe a dénigré Jonathan qui s’est vanté de les arrêter. "Toi, Jonathan, tu ne peux pas nous arrêter. Nous sommes de fiers soldats d’Allah. Nous ne cesserons jamais, puisque nous combattons les infidèles. Nous sortirons vainqueurs, a déclaré Shekau"».

Au Nigeria, la lutte contre les activités de Boko Haram fait débat. Les chrétiens qui sont leurs cibles privilégiées sont divisés entre réagir aussi par les armes et continuer à observer le principe de non violence.

A en croire certains spécialistes nigérians de Boko Haram, l’intensification des attaques après l’élection du président Goodluck Jonathan n’est pas uniquement une réaction de rejet d’un président chrétien. Même si un musulman venait au pouvoir, il en serait de même. Car en fait, elle se bat contre les institutions gouvernementales.

La stratégie de Boko Haram serait d’entraîner les chrétiens à réagir par les armes pour pouvoir attirer beaucoup de nouvelles recrues dans ses rangs. Le nouveau conseiller présidentiel à la sécurité, Sambo Dasuki, veut privilégier le dialogue pour mettre fin aux hostilités. Mais le dialogue est-il possible avec des islamistes invétérés? Bien malin qui pourrait y répondre.

Lu sur TellNewswatch

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