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Côte d'Ivoire: faible affluence pour les municipales, un mort et des incidents en province

Les élections municipales et régionales n'ont pas attiré les foules samedi dans les bureaux de vote en Côte d'Ivoire, lors d'une journée qui a été marquée par plusieurs incidents en province, avec notamment la mort d'une personne dans le centre-sud.

Le dépouillement avait commencé samedi soir dans la plupart des localités du pays, d'après les constatations de journalistes de l'AFP. 

Plus de six millions d'Ivoiriens étaient appelés à voter à ces élections municipales et régionales, dont le principal enjeu est de mesurer les forces en présence avant la présidentielle de 2020, notamment parmi les membres de l'ex-coalition au pouvoir qui a éclaté.

"Je souhaite que cette élection soit une consolidation, un processus de démocratie, de réconciliation, de développement, d'union, de rassemblement", a déclaré le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly après avoir voté dans son fief de Korhogo (nord).

Un important dispositif de sécurité a été déployé dans le pays avec près de 30.000 membres des forces de l'ordre sur le terrain. Policiers et gendarmes étaient notamment très présents à Abidjan.

Une personne a toutefois été tuée d'un coup de couteau lors d'affrontements entre partisans de candidats à la mairie de Lakota (sud), a constaté un correspondant de l'AFP à l'hôpital local. Des échauffourées et empoignades ont eu lieu dans plusieurs bureaux de la localité, où la campagne s'est déroulée dans un climat tendu.

Par ailleurs, l'agence indépendante Alerte-Info a fait état de deux blessés à Divo (50 km de Lakota) lors d'échauffourées entre partisans d'un candidat indépendant et ceux du RHDP.  

D'autres incidents, lors desquels deux urnes ont été brisées, ont aussi eu lieu à Bonoua (60 km à l'est d'Abidjan), selon des témoignages concordants.

Une personne avait été tuée pendant la campagne lors d'"un affrontement entre les partisans de deux candidats" à Bediala (ouest).

Dans le Nord, des électeurs n'ont pas pu voter à cause de la défaillance du système électronique d'identification. Le "taux de participation est faible", ont confié plusieurs présidents de bureaux de vote, joints par téléphone, à Korhogo, Ferkessedougou, Boundiali, Odienné, Minignan.

- Duels médiatiques à Abidjan -

A Abidjan, le taux de participation s'annonçait également faible, excédant rarement 20% dans les bureaux de vote visités par l'AFP. 

Sur le plan politique, le scrutin était surtout un bras de fer entre le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition du président Alassane Ouattara, et son ancien allié le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié, qui a quitté l'alliance deux mois avant le scrutin. 

Un des affrontements les plus médiatiques se déroulait au quartier des affaires du Plateau d'Abidjan où le candidat RHDP, Fabrice Sawegnon, qui a géré les campagnes de nombreux chefs d'Etat africains, affrontait le député PDCI Jacques Gabriel Ehouo. 

Omniprésent lors de la campagne, M. Sawegnon bénéficiait de la machine électorale du RHDP. Dimanche, son parti avait organisé des transports d'électeurs et les payait 5000 francs CFA (7,5 euros) selon un système très organisé avec affrètement de minibus et plateforme d'orientation vers les bureaux. Après avoir voté, les électeurs devaient se rendre à la bibliothèque du Plateau, présenter un bracelet et montrer leur doigt imbibé d'encre pour toucher la somme, a constaté un journaliste de l'AFP. "Les gens sont libres. On ne voulait pas que ça leur coûte", a affirmé sous couvert de l'anonymat un membre de l'organisation, refusant d'y voir un achat de voix.

Après les premiers dépouillements, M. Sawegnon était toutefois en retard derrière M. Ehouo dans les bureaux visités par l'AFP. Il était toutefois encore impossible d'avoir une tendance définitive.

Dans un autre affrontement très médiatique, à Abobo, grande commune populaire d'Abidjan comptant deux millions d'habitants, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko faisait la course en tête, selon les premiers dépouillements, notamment au bureau des Cours sociaux. 

Le ministre parachuté dans la plus grande commune du pays affrontait Tehfour Koné, un indépendant, soutenu par le président de l'Assemblée nationale et ancien chef de la rébellion Guillaume Soro.

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