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Le Gabon entre en guerre contre le braconnage

En signe de protestation contre le braconnage, les autorités gabonaises ont décidé de brûler des tonnes d’ivoire, rapporte le site du Guardian.

Le 28 juin, en présence du président gabonais Ali Bongo, 4.825 kilogrammes d'ivoire, dont 1.293 pièces brutes majoritairement composées de défenses et 17.730 sculptures en ivoire ont été brulés, précise le site du World Wildlife Fund (WWF).

Ali Bongo n’était pas la seule personnalité politique à assister à cet embrasement historique.

Raymond Ndong Sima, Premier ministre gabonais, était également de la partie.

C’est la première fois en Afrique centrale qu’un tel acte est exécuté, rappelle le WWF, partenaire de l’opération coup de poing.

Pour obtenir ces quantités d’ivoire présentes dans le bûcher, près de 850 éléphants ont été tués, tout en sachant que le Gabon ne compte que 50.000 éléphants.

«Le Gabon applique une politique zéro tolérance pour les crimes envers les espèces sauvages et nous sommes en train de mettre en place des institutions et des lois pour s’assurer que cette politique soit bien appliquée», a déclaré le président Ali Bongo.

Et d’ajouter:

«Il est clair que si nous ne faisons pas attention, nous serons obligés, un jour, de nous rendre dans des zoos à l'étranger pour voir des animaux qui viennent de chez nous

De son côté, Stefanie Conrad, du programme régional d’Afrique Centrale du WWF, a salué «la décision du Gabon et considère l'initiative comme une preuve de son engagement à enrayer le braconnage et le commerce illégal de l'ivoire ».

Après avoir mené une étude sur le terrain en 2010, la CITES (Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées) a récemment publié un rapport sur la survie des espèces sauvages.

Le constat est alarmant. Des dizaines de milliers d'éléphants sont tués chaque année pour leurs défenses.

En brûlant ces tonnes d’ivoire, qui représentent plus de 5 milliards de F CFA (soit 7,5 millions d’euros) sur le marché noir, le Gabon espère ainsi lancer «un message fort» contre le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages.

Lu sur The Guardian, World Wildlife Fund

 

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