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Ethiopie - La prison à vie pour le journaliste et blogueur Eskinder Nega

Deux mois mois après avoir reçu, le 1er mai à New York, de manière symbolique —alors qu'il était en prison à Addis Abbeba depuis plus de six mois—, le prix «Freedom to write» de l’organisme américain PEN, le journaliste et blogueur éthiopien Eskinder Nega a été condamné dans la capitale éthiopienne, pour «activités terroristes».

Avec lui, 23 autres personnes ont été condamnées le 27 juin pour avoir eu des liens avec le groupe d’opposition Ginbot Seven.

Cet organisme qui prône l’indépendance de la justice et la démocratie basé aux Etats-Unis est considéré comme une organisation terroriste par les autorités éthiopiennes, rapporte la BBC.

L’ironie du sort c’est que le jugement s’appuie sur des lois anti-terroristes très étendues que le journaliste lui-même avait dénoncé dans une tribune. Il démontrait ainsi que ces lois servaient avant tout à museler toute opposition au pouvoir en place et à faire taire les journalistes.

«En utilisant la liberté d’expression reconnue par notre constitution, ces criminels ont tenté de déstabiliser le pays», a déclaré le procureur.

Alors que sa famille et ses supporters redoutait la peine de mort, le célèbre journaliste a écopé d’une peine de prison à vie.

La correspondante de la BBC sur place a indiqué que 8 des accusés, dont Eskinder Nega, étaient présents dans le tribunal.

Puisque Eskinder Nega a été érigé en symbole de la liberté de la presse sur le continent, une cascade de réactions de la part d'ONG et d’associations de défense des droits de l’homme ont suivi l'annonce du verdict. 

«C’est une journée sombre pour la justice en Ethiopie», a déclaré Claire Beston de l’organisme Amnesty International.

Le président du centre Pen America, Peter Godwin, a qualifié de «honteux» le jugement et la réaction des autorités dans le pays.

Pour Leslie Lefkox, responsable de Human Rights Watch, l’affaire montre «que le gouvernement éthiopien ne tolèrera même pas la plus insignifiante des critiques à son encontre».

Lu sur BBC

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