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Municipales/Mozambique, un test pour le processus de paix

Les Mozambicains ont voté mercredi pour élire leurs maires, un scrutin sous haute surveillance après une campagne qui a ravivé les tensions entre le parti au pouvoir, le Frelimo, et son éternel rival, la Renamo, engagés dans des pourparlers de paix.

La Renamo a affirmé que des fraudes avaient eu lieu dans certains bureaux de vote, ajoutant que la police était de parti pris. Le Frelimo a été accusé pour sa part de violences et d'intimidation pendant la campagne.

La journée de mercredi a été calme en général, mais la police a tiré pour dispersé des électeurs qui disent ne pas avoir pu voter dans trois bureaux de vote.

La Renamo participe pour la première fois depuis dix ans à des élections municipales.

Après avoir glissé son bulletin dans l'urne mercredi, le président mozambicain Filipe Nyusi a "exhorté tous les Mozambicains de Rovuma (nord) à Maputo, et de Zumbo (nord-ouest) à l'océan Indien à adhérer au processus" électoral. "Ces élections ont bien lieu et sont le résultat du sacrifice de tout le peuple mozambicain".

La tenue des élections municipales avait un temps été menacée par des tensions entre le gouvernement et la Renamo, ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992).

"Ce que j'attends de ces élections est un accès à l'électricité, à l'eau et le ramassage des ordures. Et puis aussi que les citoyens aient du travail", a expliqué un électeur sans emploi, Azano Acito, à Maputo, alors que le pays est englué dans de graves difficultés financières.

Ces élections ont plus qu'un caractère politique. Elles constituent un test du processus de paix en cours après trois années de violences (2013-2016).

La Renamo avait repris les armes en 2013 pour dénoncer la mainmise absolue du Frelimo sur le pays depuis son indépendance en 1975.

Le président Nyusi et le nouveau chef de la Renamo, Ossufo Momade, ont récemment fait état de progrès dans le désarmement et l'intégration des anciens rebelles de la Renamo dans la police et l'armée - un point clé des pourparlers de paix.

Les deux camps ont aussi convenu d'une importante réforme sur la décentralisation.

- Situation "volatile" -

Lors du vote, la Renamo a fait état de plusieurs irrégularités et incidents, notamment l'arrestation de plusieurs de ses membres qui dénonçaient un "bourrage d'urnes" dans la municipalité de Maganja da Costa (nordt-est).

La Renamo est "inquiète que de tels cas de fraude se produisent à un moment où l'objectif est la paix et la réconciliation nationale", a déclaré l'un de ses porte-parole, André Magibire. "La police doit cesser de travailler pour le Frelimo".

"Ces élections locales importantes vont être un test des mesures de décentralisation convenues entre l'opposition armée et vont agir comme un important baromètre politique", a estimé le cabinet d'analystes EXX basé à Londres. "En raison des récompenses à la clé, le climat politique au Mozambique est à la fois tendu et volatile, comme l'ont montré une série d'incidents violents lors de la période pré-électorale".

Une cinquantaine d'incidents entre partisans du pouvoir et de l'opposition ont été enregistrés au cours des deux semaines de campagne. Une vingtaine de personnes, principalement de l'opposition, ont été arrêtées.

Les bureaux de vote ont fermé mercredi à 18H00 (16H00 GMT).

Les premiers résultats sont attendus jeudi.

Le Frelimo contrôle actuellement 49 des 53 municipalités du pays. Mais l'opposition - soit la Renamo, soit le MDM, la deuxième formation de l'opposition - détient trois des quatre plus importantes municipalités du pays (Beira, Nampula et Quelimane).

La Renamo compte sur ces scrutins pour enregistrer une percée électorale avant les élections générales de l'an prochain.

Mais de récentes réformes électorales risquent de lui porter préjudice.

La victoire revient désormais à la liste qui a obtenu la majorité relative, et non plus la majorité absolue.

La commission électorale, largement inféodée au régime, a aussi déjà éliminé certains candidats menaçants de la Renamo. 

La même commission a également interdit de candidature Samora Machel Jr, le fils du premier président du pays. Il se présentait sous les couleurs de la société civile après le refus du Frelimo de lui offrir la tête de liste.

En plus de ces tensions politiques, le Mozambique doit faire face depuis un an à l'émergence d'un groupe islamiste qui opère dans la province du Cabo Delgado (nord), riche en réserves de gaz. Cette insurrection a fait en un an 90 morts, selon un récent bilan officiel.

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