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L'écrivain algérien Boualem Sansal enfin récompensé (VIDEO)

L’écrivain algérien Boualem Sansal a finalement reçu le Prix du roman arabe en France.

Le seul hic? Il n’a pas reçu les 15.000 euros qui accompagnent traditionnellement la distinction

Les mécènes du prix, les ambassadeurs des pays arabes en France, n’ont tout simplement pas voulu financer l’écrivain à cause de son récent voyage en Israël pour participer à un salon du livre et lui avait «désattribué» la récompense. 

Mais le jury n'a pas voulu l'entendre ainsi. Composé de quinze personnes et présidé par l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, le jury qui récompense chaque année depuis 2008 un auteur d'origine arabe a décidé de lui décerner la distinction quand même. 

La cérémonie de remise du prix devait avoir lieu le 6 juin à l’Institut du Monde Arabe à Paris mais avait été annulé.

Mais c'est deux semaines plus tard, le 21 juin, que Boualem Sansal a (enfin) reçu son prix pour son roman Rue Darwin dans les locaux de son éditeur Gallimard en présence des seuls membres du jury. 

Invité de la matinale de France Inter le 22 juin, l’écrivain s’est dit toujours en colère:

«Ces ambassadeurs qui s’ingèrent dans les relations entre jury et écrivains est insupportable. Ce diktat est aussi insupportable».

Pire, il dit craindre son retour en Algérie où il habite toujours.

«Aller en Israël est un risque énorme. Je me souviens, il y une dizaine d’années, Israël avait invité 10 journalistes algériens. Ils ont été prudents en avertissant le président Bouteflika qui leur avait donné son autorisation.

Mais au moment de prendre l’avion, Bouteflika a fait un discours en les traitant de traître à la nation arabe. Ils ne sont jamais rentrés en Algérie.

Au terme de leur mission en Israël, ils sont venus en France avec le statut de réfugié politique. J’espère que cela ne va pas m’arriver».


Boualem Sansal par franceinter

Entendu sur France Inter 

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