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Burundi - Le journaliste Hassan Ruvakuki condamné à perpétuité pour avoir fait son métier

Un véritable «procès de la honte» s'est déroulé au Burundi. Le verdict est tombé le 20 juin comme un couperet, provoquant la colère des observateurs d’après le site d’informations PressAfrik.com.

Hassan Ruvakuki, correspondant de RFI en swahili et journaliste à la radio Bonesha FM, écope d’une peine de prison à vie pour «acte de terrorisme», rapporte RFI. Une sanction extrêmement lourde et injuste pour beaucoup.

Le journaliste burundais ne sera pas seul à purger sa peine. Dans un procès rapide pour ne pas dire sommaire, le tribunal de grande instance de Cankuzo (à l'est du Burundi) a condamné treize de ses co-accusés à la perpétuité et neuf autres à quinze ans de prison.

La raison de cette peine sévère? Hassan Ruvakuki est accusé d’avoir participé à la création d’une nouvelle rébellion burundaise des Forces pour la restauration de la démocratie en Tanzanie voisine. En novembre 2011, il est arrêté quelques jours après une attaque meurtrière perpétrée par cette rébellion dans la province de Cankuzo, près de la frontière tanzanienne.

Il a effectivement rencontré les dirigeants des rebelles mais dans un cadre professionnel.

Or s’entretenir avec des rebelles n’a rien d’extraordinaire en tant que journaliste et c’est cela que les organisations de presse dénoncent.

Si parler avec un terroriste constitue un acte criminel, les confrères de Ruvakuki ont du souci à se faire.

 «C’est une honte pour la justice burundaise, pour son pays et pour le gouvernement burundais», s’est indigné le directeur de la radio Bonesha FM qui estime que Ruvakuki ne faisait que son métier.

Les rédactions de France 24 et RFI se sont dites «extrêmement choquées» par cette condamnation.

RFI a par ailleurs indiqué que la défense du journaliste burundais devrait faire appel, sans grande conviction étant donné les dysfonctionnements constatés lors du procès.

Les journalistes du Burundi n’entendent pas se laisser faire devant la restriction de la liberté de la presse dénoncé par le président de l’Union burundaise des journalistes, Alexandre Niyungeko.

«Il y a comme une guerre qui est engagée contre les journalistes. Nous, en ce qui nous concerne, on ne va pas baisser les bras. On va continuer à lutter pour la liberté de la presse, pour que le journalisme continue à s’exercer dans ce pays, nous allons tout mettre en œuvre pour obtenir la libération de notre confrère», martèle Alexandre Niyungeko.

Lu sur RFI, PressAfrik.com

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