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Sauvons le Togo, un collectif qui s'inspire du printemps arabe?

Le «collectif sauvons le Togo» ne lâchera rien.

Et ce même si les manifestations récentes ont été violement réprimées par les forces de l’ordre et que depuis deux jours la population hésite de plus en plus à descendre dans la rue.

C’est ce qu’explique le 21 juin sur l’antenne de RFI le porte-parole et coordinateur du collectif Zeus Ajavon, qui est par ailleurs avocat et défenseur des droits de l’homme:

«Nous ne pensons pas que le mouvement va s’essouffler. Depuis hier, les élèves composent pour différents examens. Mais dès que les examens seront terminés, nous n’abandonnerons pas ce droit fondamental qui est celui de manifester».

Le collectif est né le 4 avril 2012 d’un constat alarmant sur la situation politique dans le pays. Il regroupe six partis politiques d'opposition ainsi que des associations de la société civile, notamment des associations de défense des droits de l’homme qui dénoncent plusieurs manipulations électorales de la part du président en place, Faure Gnassingbé.

En cause: les manœuvres au niveau du découpage de circonscription qui permettrait au pouvoir d’être réélu facilement aux prochaines élections législatives.

Depuis cette date, le collectif organise régulièrement des manifestations dans les rues de la capitale Lomé. Il estime par ailleurs que la force du mouvement réside dans sa pluralité: 

«Nous estimons qu'il faut un large éventail d'associations, de partis politiques, pour pouvoir influencer positivement le gouvernement... Le Togo ne réagit réellement que devant les démonstrations dans la rue. En 1990, le pays n'a évolué que parce que la rue avait réagi».

Face à ce pouvoir de la rue, le dialogue n'est pas exclut même s'il reste pour l'instant au point mort.

«Nous voulons le dialogue, c’est pour ça que je suis allé voir le chef de l’Etat avant le début des manifestations», a expliqué Zeus Ajavon.

«Mais nous ne voulons pas un dialogue biaisé (...) pour l'instant, aucune invitation n'a été porté par le chef de l'Etat pour dialoguer».

Le collectif entend donc continuer le mouvement de protestation. Le gouvernement se demande même si son objectif n'est pas de faire «un printemps arabe» à la togolaise. 

Comme le rappelle Rue89, les manifestants se mobilisent notamment sur Internet et sur les réseaux sociaux. Une nouveauté. Sur Twitter, les hashtags #occupylome et #occupytogo permettent aux activistes de se passer le mot et de se rassembler. 

Entendu sur RFI 

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