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La chanteuse Björk, cette incomprise du Festival de Fès

Invitée au Festival des musiques sacrées de Fès au Maroc, la chanteuse électro-pop islandaise Björk a présenté le 15 juin «Biophilia», une ode à la nature affranchie et déjantée qui a manifestement «suscité l’incompréhension du public marocain», rapporte Le Monde des religions.

«Dans le public, les premiers rangs réservés à une énigmatique "délégation officielle" de hauts dirigeants politiques, se vident d’un coup. Tout au long du concert, un discret mais incessant mouvement vers la sortie de Bab al Malkina. A côté de nous, deux Marocaines, ouvreuses au festival, s’étonnent de ce qu’elles voient sur scène: "Borj? Beurj? Mais c’est quoi… ça ?!". », ajoute le magazine.

Il faut croire que son hymne à l’univers et à la tectonique des plaques, une sorte d'exploration multimédia de la musique, de l'écosystème et de la technologie, n’a pas manqué de bousculer les codes de ce festival généralement dédié aux cantiques religieux.

«Dans ce pays où la "révolution arabe" n’a pas eu lieu, elle entonne furieusement le titre Declare independence. Les chansons sont en anglais, Björk remercie les spectateurs en français, et nos voisines sont perplexes: "On ne comprend rien!"», raconte Le Monde des religions.

Mais la presse locale a tout de même relevé que la chanteuse islandaise a trouvé chez certains, un public averti:   

«Si une partie du public semblait désemparée par l'aspect expérimental du projet qui donne l'ascendant au visuel sur le son, l'autre moitié, apparemment versée dans la culture musicale postmoderniste, a applaudi la performance de Bjork, vêtue comme une magicienne d'un conte de fée venue tout droit du pays du grand froid », selon Au Fait .

Depuis 2001, le Festival de Fès est désigné par l'ONU comme l'un des événements de renommée mondiale «contribuant, d'une façon remarquable, au dialogue des civilisations» peut-on lire sur Le Figaro. Parallèlement s'est développé un réseau de soutien.

Ainsi est née, aux Etats-Unis, l'organisation Spirit of Fez qui organise tous les deux ans un programme culturel à travers vingt villes américaines

Lu sur Le Monde des religions

 

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